Un film de Andrew Lau et Alan Mak
Avec Edison Chen
Shawn Yue
Eric Tsang
et Anthony Wong
StudioCanal - 2003 - 1h52
Bonus
- Interviews
- Bande-annonce
Infernal
affairs fut un énorme succès. Les producteurs réclament
deux suites. L’idée paraissait complètement stupide.
La première séquelle s’élève au
niveau du film original : c’est un haletant polar !
Andrew Lau et Alan Mak doivent réaliser deux suites à
leur chef d’œuvre. Les deux hommes ne sont guère
motivés (les entretiens dans le DVD sont sans langue de bois),
mais trouvent du plaisir à développer la jeunesse des
deux héros.
Le second film raconte donc les premiers méfaits de Yan et
Ming. C’est une sombre histoire de triade qui entraîne
les deux jeunes hommes dans l’enfer de la corruption. Le parrain
de Hong Kong se fait tuer. Son fils, Hau, reprend le flambeau. Il
convoque les chefs de triades et attire l’attention de l’inspecteur
Wong. Ce dernier décide de prendre un bleu et de l’infiltrer
dans les triades. Ce sera Yan, flic déchu parce qu’il
est le demi-frère de Hau.
Du mauvais côté de la loi, c’est le mafieux Sam
qui se fait du souci. Il se méfie du nouveau parrain et connaît
bien Wong, flic taciturne et infaillible. À son tour, il fait
appel à Ming, proche de sa femme et lui demande de rentrer
dans la police…
Les deux espions ne sont pas encore les êtres torturés
du premier épisode. Ce sont deux pions discrets et intelligents,
dirigés par Wong et Sam, véritables héros de
cette suite. L’immoralité, le mensonge et le faux-semblant
étaient les thèmes d’Infernal affairs, la suite
continue de creuser ces sujets et complique les relations entre les
personnages.
Le film a l’immense qualité de donner envie de revoir
le premier épisode. Il le rend même meilleur. Car Infernal
affairs 2 est une vraie tragédie dans le sens classique du
terme. Ce n’est pas du Shakespeare, mais cette suite fait penser
au Parrain de Coppola. Sans le côté pompeux et mélodramatique.
La mise en scène, moins voyante que dans le précédent
film, se concentre sur une dizaine de personnages, trompés
et trompeurs. Les apparences ne disent jamais la vérité.
Le pouvoir est l’enjeu entre tous les protagonistes. L’ambiance
est étouffante et les non dits révèlent une complexité
excitante.
À la différence des polars de l’île, la
violence est limitée et finalement plus impressionnante. Tout
se passe dans des rencontres, toujours sous tension, entre flics et
voyous. Le film est un polar, urbain, sec et émouvant. Cette
suite est digne de son prédécesseur. Presque supérieur
!