Un film de Andrew Lau et Alan Mak
Avec Andy Lau
Kelly Chen
Tony Leung
et Leon Lai
StudioCanal - 2003 - 1h55
Bonus
- Interviews
- Bande-annonce
Le
premier épisode était un polar admirable. Le second
ressemblait à une tragédie palpitante. Que pouvait offrir
le troisième volet ? Contre toute attente, il laisse sceptique
et plombe une trilogie si bien commencée.
Infernal affairs 3 déçoit. Il est même conseillé
de débuter par les interviews des auteurs et de l’excellent
comédien Anthony Wong qui s’interroge à voix haute
sur l’utilité d’une telle séquelle. C’est
vrai que les scénaristes se sont creusés les méninges
pour faire revenir le casting original. À part le personnage
d’Andy Lau, tout le monde s’était fait dégommer
dans le premier Infernal affairs.
Cette troisième affaire commence dix mois après la mort
de Ming. Yan, la taupe infiltrée par les triades dans la police,
est lavé de tout soupçon et reprend son poste dans les
affaires internes. Il veut désormais filer droit. Il suit de
très près un jeune policier qui semble lié à
Chen, un chinois, ancien partenaire de Sam, le truand qui a fait rentrer
Yan dans la police…
Ce lien permet donc quelques flash-backs qui réunissent le
magnifique casting Andy Lau, Tony Leung, Anthony Wong et Eric Tsang,
quatuor central de ce grand drame criminel. Les obligations commerciales
sont telles que les auteurs sont priés de faire aussi dans
la romance, pour que l’on puisse profiter au maximum de Lau
et Leung.
Le problème est donc flagrant. D’un côté
il y a le polar et de l’autre, la romance. Yan craque pour l’ancienne
psy de Ming et, au-delà de la mort, les deux hommes restent
liés par l’amour et la tendresse que la psy représente.
C’est mignon comme une boîte de chocolat à la Saint
Valentin.
Le discours se corse encore plus avec une apologie simpliste sur la
prédestination. Cela parasite en tout cas, toute la partie
policière où les deux réalisateurs retrouvent
leur mise en scène nerveuse et stylisée.
Cela s’apparente plus à de l’esbroufe. Le manichéisme
reprend ses droits dans une grande partie du métrage. Certes
il y a toujours quelques traces de mélancolie ici ou là.
Autrement, c’est plutôt un produit maladroit, mercantile
et déroutant. Infernal, cet épilogue l’est vraiment.