Un film américain de John Payson
Avec Jerry O’Connell
Megan Ward
Robert Vaughn
Warner - 1996 - 1h18
Unique
comédie véritablement grunge, Joe’s apartment
est enfin édité en DVD. Hélas, le distributeur
sort une version d’une pauvreté consternante. Cependant,
il faut se laisser aller à la vision de ce film dérisoire,
sympathique et annonçant le gros humour de Ben Stiller et ses
camarades !
Joe, adolescent attardé, débarque à New York.
Venu de l’Iowa, il cherche un logement et sans moyen, explore
dans le pire coin de Manhattan, East Village. Il se fait passer pour
le fils d’une locataire décédée et s’installe
dans un taudis absolument immonde. L’endroit est tellement sale
qu’il ne faut pas s’étonner d’y trouver des
cafards… qui parlent et qui chantent. Les blattes sont ravies
d’accueillir Joe qu’elle juge comme le garçon le
plus crade de la ville. Elles lui font une fête terrible, organisant
de véritables comédies musicales. Elles lui viennent
aussi en aide lorsque de sombres individus au service d’un sénateur
tentent de le déloger de son appartement. Elles le supportent
même dans sa tentative de séduire une mignonne écologiste…
Il ne faut pas le cacher : Joe’s apartment est un film stupide.
L’humour se place en dessous de la ceinture, mais depuis que
les œuvres de Ben Stiller sont des cartons au box-office, l’humour
au stade anal et le mauvais goût ne rebutent plus le spectateur.
Il faut donc profiter de la sortie de ce film inédit chez nous,
sorti en 1996, pour y découvrir une comédie assez déjantée.
Pour l’anecdote Joe’s apartment, tiré d’un
court métrage, est le tout premier film produit par la chaîne
musicale MTV.
Version urbaine et résolument idiote des Voyages de Gulliver,
le film vaut donc pour la communauté de cancrelats qui pourrissent
la vie du gros benêt Joe (parfait Jerry O’Connell) ! Dix
ans après sa réalisation, l’animation n’a
rien perdu de sa drôlerie. Les passages musicaux dans un évier
dégoûtant ou une cuvette de wc sont irrésistibles.
Le film répond avec humour au "jemenfoutisme" du
grunge, mais semble plus juste que le trop propre Singles de Cameron
Crowe qui voulait être le film de cette génération.
Ici, c’est du grand n’importe quoi, c’est sale,
c’est stupide, mais c’est fièrement assumé.
Ce tout petit film reste trop méconnu, mais hélas ce
n’est pas le distributeur qui va lui faire de la publicité.
Sur le disque, il n’y a que la version française (les
numéros musicaux sont heureusement en version originale sous
titrée) et aucun bonus n’est proposé. Que l’on
trouve encore des DVD présentés comme de simples cassettes
VHS, ça fout tout simplement le cafard… Pardon, c’était
trop tentant !