La
légende arthurienne revue et corrigée par un auteur
d’immense talent pour une série absolument irrésistible.
Ve siècle après Jésus-Christ. L’Angleterre
s’appelle encore la Bretagne. Le Christianisme est encore balbutiant
dans ces contrées lointaines, les anciennes traditions celtes
s’entrechoquent pendant que l’Empire Romain s’effondre.
Au carrefour de l’Histoire, le Royaume de Kaamelott apparaît
alors comme le nouveau phare de la civilisation. Investi d’une
Mission Divine, le Roi Arthur tente de guider son peuple vers la lumière
: "Seigneur, je me vouerai tout entier à la noble quête
dont Vous m’honorâtes. Mais avec l’équipe
de romanos que je me promène, ça va pas être facile
!"
C’est ainsi qu’est présentée dans le dossier
de presse, la série qui a remplacé en 2005 le légendaire
Caméra Café sur M6. Et c’est vrai que ce pauvre
roi Arthur n’est pas exactement aidé par des chevaliers
dont le nom a traversé les siècles, mais dont le quotidien
est beaucoup moins glorieux que la légende ! Kaamelott décrit
ainsi, en courts épisodes, les situations "professionnelles"
(missions, quête du Graal, etc.) et les intrigues familiales
(repas, scènes conjugales, etc.) qui occupent la plus grande
partie du temps les Chevaliers de la Table Ronde.
Basé sur le décalage entre situations et dialogues (interprétation
et langue contemporaines), l’humour de la série oppose
l’imagerie épique de la légende Arthurienne à
une réalité beaucoup plus triviale.
Créée, écrite et dirigée par un Alexandre
Astier omnipotent (musicien de formation, on lui doit même le
générique !), la série Kaamelott est de ces réussites
humoristiques évidentes qui provoquent l’hilarité
quotidienne de ses adeptes (et la fureur de ses détracteurs).
Pourtant, il faut bien reconnaître que c’est en concentré
(50 épisodes par DVD) que la potion est la plus efficace !
Impossible de résister à l’avalanche de saynètes
plus réussies les unes que les autres qui font se côtoyer
à l’écran une poignée d’acteurs formidables
(et inconnus) dont les incarnations très personnelles des fameux
Chevaliers sont inoubliables (avec une mention spéciale pour
Frank Pitiot dans le rôle de Perceval !).
Pourtant, au-delà de l’écriture méticuleuse
des dialogues, clé de voûte de cette entreprise, Kaamelott
présente au moins deux particularités marquantes qui,
consciemment ou non, contribuent largement à son charme et
donc à son succès. La première est le soin tout
particulier apporté au tournage : mise en scène millimétrée,
lumières et décors soignés, utilisation de la
pellicule plutôt que du numérique… sont autant
de gages de qualité perceptibles immédiatement. Le second
facteur de succès est lié au casting de la série
qui rassemble de très bons acteurs dont certains ne sont pas
sans air de ressemblance avec d’illustres "collègues"
: impossible, par exemple, de voir Frank Petiot (déjà
cité) sans penser immédiatement à Lorant Deutsch,
ni Anne Girouard (la Reine Guenièvre) sans que le nom de Catherine
Frot ne vienne à l’esprit, ou Joëlle Sevila (la
mère de la reine) sans évoquer la grande Alice Sapritch…
Autant de bonnes raisons, donc, de ne pas bouder son plaisir et de
se gaver littéralement de l’intégralité
des 100 épisodes du Livre I de la saga, ainsi que des pilotes
tournés par Alexandre Astier pour présenter son projet
à M6 !