Un film américain de Wim Wenders
Avec Sam Shepard
Jessica Lange
Tim Roth
et Eva Marie Saint
Ocean Films - 2005 - 2h02
Bonus
Making of
Scènes coupées
Bande-annonce
En
compétition officielle au Festival de Cannes 2005, Don't come
knocking mérite à plus d'un titre de bénéficier
de sa sortie en DVD pour se rappeler à notre bon souvenir.
Howard Spence (Sam Shepard) n'est plus que l'ombre de lui-même.
Acteur autrefois adulé, il se contente aujourd'hui de productions
minables à vocation alimentaire qui lui servent surtout à
financer une vie dissolue entre l'alcool et les filles faciles. Devenu
totalement ingérable, il quitte son tournage (un western de
seconde zone) et part une fois de plus à la dérive.
Son errance le fait pourtant repasser par la maison familiale où
sa mère (Eva Marie Saint) lui révèle qu'il est
père. Traqué par l'agent d'assurance du producteur du
film abandonné (bien décidé à l'obliger
à honorer son contrat jusqu'au bout), Howard va partir à
la recherche de cet enfant ignoré. Au terme de sa quête,
il retrouvera son amour d'une nuit (Jessica Lange) et un fils qui
refuse sa reconnaissance tardive.
Vingt ans après Paris, Texas, les retrouvailles entre Wim Wenders
et Sam Shepard se font à nouveau autour d'un road movie sentimental
dans lequel le temps qui passe et les interminables routes poussiéreuses
de l'Ouest américain jouent un rôle primordial. On retrouve
ainsi dans Don't come knocking (présenté au Festival
de Cannes 2005) cette lenteur calculée et ce malaise palpable
qui nous bouleversaient dans la Palme d'Or de 1984.
Le temps a pourtant passé entre ces deux films, mais rien n'a
changé, finalement, dans la manière, pour Wim Wenders,
d'envisager l'exil de soi, la fuite du passé et la recherche
désespérée de l'oubli des autres, de la vie et
surtout de la mort. Jessica Lange et Sam Shepard sont bouleversants
d'humanité (elle) et de maladresse (lui) et transforment un
film au thème peu original (voir le récent Broken
flowers de Jim Jarmusch), en hymne à la rédemption
et au pardon. Dans la douleur, certes, mais pardon tout de même…