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LIBERTÉ-OLÉRON

Un film français de Bruno Podalydès
Avec Denis Podalydès
Guilaine Londez
Patrick Pineau
et Arnaud Jalbert

Studio Canal - 2001 - 1h43

Bonus
- Making-of
- Scènes coupées
- Musée virtuel
- BO
- Lexique
- Filmographie
- Bonus cachés

GRANDES VACANCES
Un excellent film des frères Podalydès auquel vient s'ajouter un making-of tendre et original : deux bonnes raisons de consacrer une soirée à Liberté-Oléron.


Jacques Monot (Denis Podalydès) et sa famille investissent comme chaque été une petite location sur l’Ile d’Oléron pour y passer les vacances. Avide d’aventures très maîtrisées, Jacques jette cette fois son dévolu sur une coquille de noix au doux nom moqueur : le Zygomare dans lequel il embarque femme et enfants pour traverser les 5 km de mer qui séparent les îles d’Oléron et d’Aix.

C’est le cinquième film des frangins Podalydès. Comme les précédents (Versailles-rives gauche, Voilà, Dieu seul me voit et, nouvellement, Le mystère de la chambre jaune), Liberté-Oléron est une traversée anthropologique. En ligne de mire cette fois : les grandes vacances et le comportement de l’homo erectus lorsqu’il est soumis à l’intense activité du farniente obligatoire. On rit, souvent aux éclats d’ailleurs, mais on bute aussi contre un personnage des plus retord. En dehors du fait sympathique et drolatique que Jacques Monot soit un marin d’eau douce à la hargne aussi dense que son vocabulaire est réduit, c’est aussi un père de famille totalement hors de lui, dans un état de stress impossible à gérer, ressurgissant de la manière la plus agressive qui soit sur une famille devenue spectatrice du grand barnum paternel. Et ainsi jusqu’à ce que, dépassé, l’homme s’effondre dans un grand pathos plein de réconciliations.

Interprétation très théâtralisée et magnifique de Denis Podalydès qui décidément fait des merveilles entre les mains de son frère, à moins que ça ne soit le frère qui… Et d’ailleurs, on s’en coince bien, seul le résultat de cette alchimie familiale nous importera.

Les vacances ne sont jamais assez longues pour que l’homme s’adapte à ne rien y faire, c’est, de manière apocryphe, ce que Pennac dit dans son illustration des clichés de Doisneau. Liberté-Oléron est une autre illustration de cette dichotomie.

Autre bonne raison de se procurer ce disque : l’édition ultra complète qu’en a faite Studio Canal. Outre les petits extra rigolos et purement anecdotiques genre galerie de photos, musique du film, accessoires, on trouve un making-of révolutionnaire. Réalisé par Anne-Françoise Brillot, femme de Bruno Podalydès, ce documentaire de 25 mn a été fait dans l’idée d’expliquer à leur fils, Jean, 6 ans (jouant dans le film le rôle du plus jeune enfant de Jacques), ce que c’était encore en 2000 de tourner un long métrage de cinéma français. Un journal de bord narrant en voix off et avec la plus maternelle des objectivités, ces quelques semaines d’activités étranges et intenses.

Tourné en Super 8, muet, suivant pas à pas l’équipe du film, ce making-of est un exemple du genre : didactique, humoristique, simple et illustrant de la plus évidente manière ce qu’est un tournage, dans quelles conditions il se déroule ou ne se déroule pas, ce qui différencie les bons jours des mauvais et, de manière générale, à quoi servent tous ces gens qui se promènent autour de la caméra, silencieux et bruyant et dont on pense toujours qu’ils sont incroyablement nombreux pour fabriquer aussi peu de choses : un film. Je vous conseille ce document d’une rare qualité qui mérite qu’on s’y attarde, 25 minutes au moins, quitte à se priver (et ce sera moins préjudiciable) des gadgets parallèles.

Un DVD plein de riches idées découlant toutes d’une manière très particulière de faire du cinéma : en famille, tout simplement. Pourrait-on dire par extension que c’est un disque pour toute la famille? On pourrait.


Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Novembre 2003

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