Un film américain de Edward Burns
Avec Edward Burns
Rosario Dawson
Dennis Farina
Heather Graham
David Krumholtz
et Brittany Murphy
Studio Canal - 2001 - 1h40
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NEW
YORK, NEW YORK
Un film agaçant que l'on a envie d'aimer malgré lui.
Dommage qu'il se termine au moment où il devrait commencer.
Rencontres à Manhattan n’est pas un film raté,
même si le réalisateur met beaucoup du sien pour nous
agacer. Il est intéressant car il se trouve à la croisée
des chemins de la comédie moderne et de la télévision.
Le titre original, Sidewalks of New York, rend mieux compte de l’aspect
déambulatoire du film. Tommy (Edward Burns) vient de se faire
jeter par sa petite amie. Il cherche un appartement par le biais d’Annie
(Heather Graham), un agent immobilier comme on aimerait en avoir dans
nos régions tempérées. Le mari d’Annie
la trompe avec une jeune fille de 19 ans. On croise également
une institutrice Portoricaine divorcée d’un chanteur
de folksongs qui exerce dans la journée le métier de
portier d’immeuble huppé. Le tout selon le principe de
la ronde. Ces gens-là vivent dans la même ville, mais
ne se rencontrent guère.
L’aspect agaçant du film est la manière dont il
se présente : sous la forme d’un pseudo-reportage, où
les personnages sont interrogés par une caméra nerveuse.
Par ce biais, Burns permet aux personnages d’exprimer leurs
doutes, leurs contradictions. Mais soyons réalistes : nous
avons déjà vu ce procédé 722 fois et il
nous irrite plus qu’autre chose. Il nous empêche de pénétrer
plus avant dans la fiction.
Un cadre magnifique pour l'amour
C’est d’autant plus dommage que New York demeure un cadre
magnifique pour les histoires d’amour et de recherche d’amour.
Il aurait fallu au réalisateur plus de modestie mais aussi,
et c’est essentiel au cinéma, plus de foi en son sujet.
Il nous adresse des clins d’yeux. Oui, je fais référence
à Woody Allen. Oui, je cite Sex and the city. On a envie de
lui répondre : "Pourquoi ne te contentes-tu pas de faire
ton film ?"
Car Ed Burns n’est pas n’importe qui. Les frères
Mac Mullen, qu’il a tourné avec 3 bouts de ficelles,
reste son meilleur film. Ce cinéaste est plus à l’aise
en filmant les prolos d’origine irlandaise en banlieue. Il a
un côté Springsteenien. Manque de pot, acteur renommé
(il a joué dans Le soldat Ryan), il s’est mis en tête
de sortir de son milieu d’origine.
Heureusement, il nous parle des différents âges de l’amour,
dressant au passage un pathétique portrait de l’homme
marié de 40 ans, trompant sa femme (Stanley Tucci). Et il y
insuffle autant de désespoir que d’espoir.
Pour conclure, ce film qui n’est pas sans atouts présente
un désavantage : il finit au moment où on a l’impression
qu’il commence.