Comment
ça, j’ai les yeux rouges et jaunes ? J’voudrais
vous y voir, vous, à la sortie du visionnage du double
DVD de la Mano. Six heures nonstop d’images d’archive,
de documentaires, de concerts filmés, de répet’
et d’enregistrement en studio… Et encore, je ne
vous parle pas de l’appui aux associations en tout genre
(DAL, ATTAC, etc.), ni de la tournée en Amérique
du Sud avec Royal de Luxe (Traversée de l’Atlantique
en cargo, s’il vous plait !), ni des cent ou deux cent
autres folies menées à bien par ce groupe d’activistes
musiciens jamais à cours d’idée ni d’énergie.
Toute la Mano Negra est là, rassemblée pour ne
pas oublier. Jamais. Pour se rappeler cette tornade survitaminée
qui, entre 1987 et 1994, a tout balayé sur son passage.
Et pas seulement sur les scènes frileuses de l’hexagone.
Non, la Mano Negra c’était la mondialisation avant
l’heure. Tous les continents y sont passés avec
une nette prédilection pour une Amérique du Sud
trop souvent oubliée, qui a trouvé en eux les
porte-parole parfaits, hispanisants, rebelles et assez puissants
pour imposer leurs idées iconoclastes.
Il y a tout (et même beaucoup plus), donc, dans ce double
DVD qui, outre Pura vida, un premier documentaire "historique"
complet et passionnant d’une heure trente, propose plus
d’une heure d’images live sous le titre Rock and
Roll Band, et deux documentaires supplémentaires (Tournée
générale et Puta’s fever). Ajoutez une belle
série de clips et 19 titres inédits (remix, faces
B et "vrais" inédits) et vous avez une somme
comme rarement on a eu l’occasion d’en voir et d’en
écouter !
Onze ans après la séparation du groupe, et à
la lumière de la carrière exemplaire d’un
Manu Chao fidèle à l’esprit d’indépendance
et de liberté du combo originel, ce retour aux sources
est d’autant plus salutaire que les leaders de cette génération
ont, de gré ou de force (Noir Desir, Négresses
Vertes), passé la main à une nouvelle vague aux
motivations souvent moins admirables…
On ne boudera donc pas notre plaisir de retrouver, intacte,
somptueuse, inespérée, la Puta’s fever de
la Mano Negra !