Un film américain de Larry Charles
Avec Jeff Bridges
Penelope Cruz
Bob Dylan
Jessica Lange
et Angela Bassett
Sony Pictures Classics - 2004 - 1h42
Bonus
Exposed : le making-of
Un
film aussi léger qu’une truffade accompagnée
d’une tartiflette. Heureusement la bande originale est…
originale.
Le problème avec un film où la musique est fortement
présente, est qu’on préfèrera écouter
plutôt que voir, pour peu que ledit film ne soit pas inoubliable.
En ce qui concerne Masked and anonymous, vous avez le choix
entre deux options : il s’agit d’un film raté
ou bien il s’agit d’un OFNI (objet filmique non
identifié).
Ne choisissez pas, car les deux options sont valables. Le film
est clairement loupé mais ce n’est pas parce qu’il
est complètement nul, c'est parce qu’il ne ressemble
à rien de connu.
Bob Dylan avait joué dans un film de Sam Peckinpah, Pat
Garrett et Billy le Kid en 1973. Un second rôle, mais
où il faisait preuve d’une présence énigmatique.
Il a réalisé Renato and Clara, sur sa relation
avec Joan Baez au tournant des années 1970 et 1980. Il
revient aujourd’hui dans un film sorti aux USA en 2004
et qui paraît directement en DVD parce que sa sortie américaine
a été un désastre.
Quoique l’on puisse dire sur ce film, nous devons reconnaître
qu’il possède l’un des plus beaux castings
qu’un réalisateur puisse rêver. Imaginez
Jessica Lange, Penelope Cruz, Jeff Bridges, John Goodman, Val
Kilmer, Christian Slater ou Mickey Rourke venus prêter
main-forte à Bob Dylan qui squatte le premier rôle.
Ce bon vieux Robert Zimmerman est assez hallucinant. Physiquement,
on lui donne entre quarante et soixante-dix ans. Il ne joue
pratiquement pas. Il se contente d’être et cela
lui va bien. Coiffé d’un Stetson, une moustache
fine au-dessus des lèvres, engoncé dans des habits
de cow-boy de luxe. Il murmure et chante quatre ou cinq chansons
avec son groupe actuel.
Pas de doute, les meilleurs moments du film sont ceux où
il chante et où on n’entend plus aucun des dialogues
qui gangrènent le film.
Car les dialogues hésitent entre poésie et sursignifiance.
Dans ce film, les personnages s’expriment par des sentences
tellement lourdes de sens cachés que votre tête
devient lourde, lourde. Vous ne sentez plus vos membres. Vous
vous engourdissez…
Sous le pseudonyme de Sergei Petrov, Dylan a co-écrit
le scénario. Il a sans doute tenté de trouver
au cinéma l’équivalence de la poésie.
Raté. Le plus regrettable est que l’auteur de ce
soufflé est Larry Charles, qui fut dans les années
1990 l’un des meilleurs scénaristes de la série
Seinfeld. Ici, il filme en roue libre John Goodman ou Jeff Bridges
dans des numéros de cabotinage éhonté.
Vous voulez vraiment savoir de quoi parle ce film ? Des escrocs
organisent un concert caritatif sous la mainmise d’un
gouvernement corrompu. Le seul chanteur à participer
au concert s’appelle Jack Fate, il sort de taule…
Dans quelques semaines, sortira en France l’autobiographie
de Bob Dylan. Si vous aimez vraiment le guitariste à
la voix nasillarde, patientez donc !