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     DvD
 

MEAN STREETS

Un film américain de Martin Scorsese
Avec Robert De Niro
Harvey Keitel
David Proval
Richard Romanus
et Amy Robinson

1973 - 1h47

Tout est parti de là. De ce troisième long-métrage du jeune Martin Scorsese. De ce film dans lequel le réalisateur allait mettre toute sa vie. Passée et future. Attention : œuvre fondatrice.


A force de films et d'interviews, ça n'est plus un secret pour personne : Martin Scorsese est un new-yorkais pure souche. Né dans le quartier de Little Italy, son enfance a été bercée par cette nostalgie du vieux monde napolitain et sicilien, par la mainmise de la mafia sur toute activité économique, par les interminables affrontements entre bandes rivales.

Rien de plus normal, dès lors, que les premiers pas du petit rital devenu cinéaste le mènent droit au sujet qu'il connaît le mieux : le microcosme mafieux (niveau 3e division) et les petites frappes qui gravitent autour de magouilles minables et de trafics en tout genre. Plus tard, viendra pour Martin Scorsese le temps des vrais durs, des Affranchis (1990), de Casino (1995) ou, dans un autre espace-temps, de Gangs of New York (2003).

Mais revenons-en à nos loulous. Ils sont quatre à se partager la vedette dans Mean streets. Charlie (Harvey Keitel) est un jeune homme apprécié de son entourage. Son oncle, Giovanni est un des "parrains" du quartier et Charlie désire se montrer digne de lui pour progresser dans la hiérarchie de cette petite mafia. Mais Charlie est aussi tourmenté par les notions de bien et de mal, et souhaite obtenir sa rédemption en aidant son prochain. Ses amis sont très importants à ses yeux. Parmi eux, on retrouve Tony (David Proval), le propriétaire du bar qu'il fréquente régulièrement, Michael (Richard Romanus), un homme d'affaire à la petite semaine et Johnny Boy (Robert De Niro), un ami d'enfance immature et couvert de dettes de jeux. Charlie prend justement Johnny Boy sous son aile, sachant que, livré à lui-même, il ne survivrait pas longtemps dans ce milieu. Cette relation avec Johnny Boy lui cause beaucoup de tourments et de stress, de même que sa liaison secrète avec la cousine de ce dernier. Liaison très mal vue de la famille, notamment à cause des crises d'épilepsie dont elle souffre…

Du strict point de vue de l'histoire, tout est dit. Pas de scénario élaboré ou d'histoire complexe dans Mean streets. Martin Scorsese livre largement ses acteurs à eux-mêmes pour quelques semaines de répétition durant lesquelles ils improvisent et quelques semaines supplémentaires de tournage pour mettre tout ça en boîte. Et ça marche ! Toute la vacuité, la puérilité, l'antagonisme des personnages s'exprime dans les comportements opposés de Charlie et de Johnny Boy, qui sortent rapidement du lot. Filmé le plus souvent caméra à l'épaule, Mean streets colle au plus près de ses sujets, bouge avec eux, parle avec eux, avec cette même agressivité, cette même excitation inquiète, ce même malaise permanent qui les caractérise.

Faute de moyens, le film sera largement tourné en intérieurs ou da ns les rues de… Los Angeles, Martin Scorsese estimant que les rues de New York avaient trop changé depuis quelques années. Lors de sa sortie en salle, Mean streets était d'ailleurs considéré comme un film à petit budget. A tel point que le réalisateur lui-même dû passer devant la caméra pour interpréter, lors des scènes finales, un tueur à gage accomplissant son œuvre de mort depuis l'arrière d'une voiture lancée à pleine vitesse. Pourtant, malgré ces restrictions, la production n'a pas lésiné sur la bande son qui aligne, excusez du peu, Les Ronnettes (Be my baby), les Rolling Stones (Jumping Jack Flash), Eric Clapton et quelques autres du même acabit.

Finalement, le seul reproche que l'on puisse faire à Mean streets, à trente ans de distance, c'est de ne pas réellement surprendre le spectateur d'aujourd'hui. Trop de films, trop de réalisateurs (à commencer par Scorsese lui-même) s'en sont inspirés pour qu'il subsiste autre chose qu'une curiosité historique pour un film fondateur de l'œuvre d'un grand réalisateur.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Février 2005



Edition DVD
Entre une image "perfectible" et un son très moyen, les différentes éditions sur le marché ne brillent pas par leur qualité technique. Ni par leurs suppléments, d'ailleurs, puisque la présente édition se contente de proposer la bande-annonce d'origine de Mean Streets.
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