FREDDIE MERCURY
Lover of life, Singer of songs
(EMI Music - 2006)
DVD 1
- Lover of life
- Making of
DVD 2
- Clips vidéo
- A view for ever
- Freddie Mercury, the statue
- The three producers
- The last interview
60
ans qu’il est né, 15 ans qu’il est parti : vie
et mort d’une légende incontournable de la musique pop.
Émouvant et captivant.
5 septembre 1946 - 24 novembre 1991 : il aurait 60 ans en 2006 où
l’on célèbre les 15 ans de sa mort. Incroyable
destin pour un enfant né à Zanzibar, élevé
à Bombay, qui débarquera dans la grisaille londonienne
en 1959… où, timide et désorienté, il se
réfugiera dans l’art - c’est un excellent dessinateur
- intégrant l’Ealing Art School en 1965. C’est
là que tout s’est passé. Les rencontres, les chœurs
a capella avec Tim Staffel dans les très acoustiques toilettes
de l’école… Étudiant malingre et peu charismatique,
Farrokh Bulsara est fan absolu de Jimmy Hendrix dont il peaufine les
imitations du fond de la classe, avec une équerre en guise
de guitare. C’est cette passion qui l’incitera à
reprendre la place de chanteur que Staffel a laissée vacante
au sein du groupe Smile de Roger Taylor et Brian May… La suite,
on la connaît : Farrokh devient Freddie, Bulsara devient Mercury
(le “…mother Mercury“ du titre My fairy King), Smile
devient Queen…
Albums mythiques, tubes planétaires, gloire, diversité,
folie scénique, foules, stades, extravagances… et puis,
fin novembre 1991 : "Je souhaite confirmer que je suis séropositif
et que j’ai le SIDA. J’ai pensé correct de garder
cette information privée pour protéger ceux qui m’entourent.
Le temps est venu cependant, pour mes amis et pour mes fans à
travers le monde, de connaître la vérité. J’espère
que chacun se joindra à moi, aux médecins, aux spécialistes,
pour lutter contre cette terrible maladie."
Il s’éteindra quelques heures plus tard, paisiblement,
dans les draps de satin blanc de son lit à baldaquin où
il se vantait d’avoir accueilli jusqu’à six personnes
lors des fêtes orgiaques qu’il donnait régulièrement
dans son palace londonien. Love kills, chantait-il sur la bande-son
du remake de Metropolis par Moroder en 1984. Incroyable destin pour
un enfant de Zanzibar…
Lover of life est une sorte de reportage incroyablement documenté,
centré sur l’homme qu’était Freddie Mercury.
Émaillé de témoignages inédits de premier
ordre (les Queen
Brian May et Roger Taylor, bien sûr, le Mott
The Hoople Ian Hunter, Tim Staffel, la cantatrice Montserat Caballé,
les producteurs David Richards, Mack, Mike Moran… mais aussi
sa mère Jer Bulsara, sa sœur Kashmira Cooke, sa fidèle
compagne Mary Austin, son dernier compagnon Jim Hutton…), le
passionnant document nous emporte sur les traces du destin de l’artiste,
alternant reconstitutions in situ et images d’archives, de Zanzibar
à Bombay, de Londres à New York, de Munich à
Montreux. Il nous dévoile habilement le parcours de ce personnage
hors du commun, amoureux de la vie dont il a joui de façon
trépidante, comme s’il était conscient du court
passage qu’il effectuerait sur terre. Capable des extravagances
les plus délirantes (avec pour points culminants les fêtes
déguisées données pour ses anniversaires, à
Kensington, New York ou Ibiza ; quelques images hallucinantes en témoignent
: feux d’artifices, buffets gargantuesques, cocaïne à
gogo, danses débridées…), il n’en demeurait
pas moins un être délicieux, attentionné, unanimement
apprécié par son entourage pour sa gentillesse et sa
sincérité. Un peu comme un enfant qui n’aurait
pas grandi, qui aurait laissé libre cours à sa folle
imagination pour rendre un hommage de tous les instants à la
vie. Lover of life.
Singer of songs (le 2e DVD) est une sorte de méga-bonus façon
pêle-mêle, mais avec quelques trucs à en retirer
quand même.
De la série de clips période solo (pas la meilleure,
il faut bien l’avouer, si on exclut le somptueux album avec
Montserat Caballé en 1988), on s’arrêtera surtout
sur In my defence qui défile sur d’exceptionnelles images
d’archives de l’artiste toutes époques confondues
ainsi que sur l’amusant making of de The great pretender. Le
reste oscille finalement entre le pompier et le grandiloquent. Quant
aux versions live à Barcelone avec Caballé, elles sont
effectivement en public mais malheureusement en play-back (elles l’étaient
déjà sur scène, à l’époque
!).
L’interview des 3 producteurs est, elle, relativement casse-bonbons.
Par contre, le reportage A view for ever (de la création à
l’inauguration d’une statue de Mercury au bord du lac
de Genève à Montreux en 1996), s’avère
assez émouvant. Et puis, la dernière interview : sept
minutes avec un Freddie au visage déjà stigmatisé,
accoudé sur son juke-box Wurlitzer, tirant nerveusement sur
sa cigarette, parlant de son expérience avec la Caballé…
difficile de ne pas la trouver poignante.
"C’est la vie" conclut lui-même le facétieux
Freddie en clin d’œil à la fin du film. "That’s
rock and roll" ajouterons-nous recueillis et reconnaissants.