Un film anglais de Danny Boyle
Avec Kerry Fox
Ewan McGregor
Et Christopher Eccleston
MGM - 1994 - 1h29
Bonus
- Bande-annonce
JEUNES,
BEAUX, CUPIDES ET MÉCHANTS
Une petite perle d'humour noir qui fait étalage de dérision,
de mauvais esprit, voire de méchanceté assumée.
La marque d'une époque.
Juliet, David et Alex partagent le même grand appartement
et sont les meilleurs amis du monde. Un peu par jeu, un peu
par nécessité, leur passe-temps favori consiste
à auditionner d’éventuels nouveaux co-locataires.
Les candidats défilent et nos trois compères n’ont
de cesse de les faire tourner en bourrique, jusqu’au jour
où… ils tombent sur le bon. Aussitôt dit,
aussitôt fait : Hugo, la perle rare, s’installe
chez eux (chez lui). Malheureusement, sa première nuit
lui est fatale : il meurt dans son lit en laissant une valise
pleine de billets qui va mettre à rude épreuve
l’amitié du petit groupe !
Venu du théâtre, Danny Boyle signe là son
premier film, début de la Bag of money trilogy, qui comprendra
Trainspotting en 1996 (énorme succès mondial)
et Une vie moins ordinaire en 1997. Point commun des trois films
: Ewan McGregor qui a, depuis, fait le chemin que l’on
sait (Star Wars, Moulin rouge, La chute du faucon noir…).
Mais Petits meurtres entre amis est avant tout une sorte de
renaissance du cinéma britannique que l’on n’avait
pas connu à pareille fête depuis bien longtemps.
Humour noir, dérision, mauvais esprit, voire méchanceté
assumée, tous les ingrédients du succès
sont réunis dans ce petit film profondément teigneux
et pessimiste. La lente dégradation des relations entre
les trois amis, les stratégies d’alliance et de
trahison, les façons fort différentes d’affronter
les obstacles… chacun des personnages est décortiqué
avec une minutie "déplaisante" mais efficace.
Alors, au bout des rebondissements et retournements incessants,
qui va empocher le pactole ? Juliet, la séductrice ?
David, le cérébral ? Ou Alex le dilettante ? En
menant son affaire de main de maître, Danny Boyle entraîne
les spectateurs à l’extrême limite du suspens
pour n’abattre ses cartes que dans une dernière
scène gigogne (et gore) du plus bel effet.
Que l’on découvre ou que l’on revoit, Petits
meurtres entre amis procure cette petite dose de frisson contre
lequel on ne peut rien… et c’est tant mieux !