PANTHERE,
C'EST L'HEURE
Un coffret bienvenu qui nous offre l'intégrale des aventures
déjantées de l'inénarrable inspecteur Clouzot,
le flic le plus loufoque du cinéma.
Je ne suis pas à proprement parler ce qu’on pourrait
appeler un pousseur, je me défends même d’inspirer
le moindre reflex mercantile, si tant est que le lecteur de
cette modeste chronique la trouve suffisamment intéressante
pour s’en aller quérir dans la première
grande surface venue, le DVD vanté céans. N’empêche,
sans y pouvoir grand chose - et j’attends de trouver la
perle du nanar qui me fera vider ici autre chose que du bon
sentiment adorateur - lorsque me prend la passion d’un
film, j’ai du mal à ne pas en faire l’apologie
sans regarder à la dépense. Ce qui m’amène
aujourd’hui et m’oblige à d’emblée
prévenir le futur acheteur : c’est un peu cher
et ce n’est pas avec le fumeux argument "Allez quoi,
soyez pas pingres, c’est Noël après tout !",
qu’on fera passer la pilule. Non, la pilule s’avale
à la rigueur parce qu’il s’agit d’une
collection complète, s’ingurgite plus facilement
parce que Blake Edwards est aux commandes, mais finalement se
digère sans problème parce que ce sont plus de
huit heures de Peter Sellers (encore faut-il aimer Peter Sellers,
mais ça…)
On ne les trouvait qu’en zone 1, la plupart dans des formats
tronqués (apportez-moi la tête de l’inventeur
du pan and scan), les voilà réunis dans leur widescreen
d’origine, plus un disque de bonus quasi obligatoires
: les cinq épisodes incongrus de La Panthère Rose.
On en dira ce qu’on voudra - la plus recevable des critiques
consistera à dénoncer du bout des lèvres
l’étroitesse des scénarii - la dérision
absolue, libertaire et totalement décousue de ces cinq
opus littéralement livrés en pâture à
l’art de l’improvisation grotesque du géant
maniaco-dépressivo-cardiaque Peter Sellers permet à
tout un chacun de s’offrir son quart d’heure de
rire curatif quotidien. C’est du grand n’importe
quoi, mais de ce n’importe quoi dont nous nourrissent
aussi d’autres azimutés de cette tendre époque
où, visiblement, en matière de comédie
le consensus n’existait pas et où l'on ne transigeait
pas avec les moyens : Monthy Python, Mel Brooks, Jerry Lewis
- vous excuserez les comparaisons, c’était dans
ma soupe quand j’étais petit.
C’est aussi un vrai plaisir de collectionneur avec son
format en accordéon qui n’en finit plus de dérouler
ses soufflets (on regrettera juste que les illustrations ne
soient pas d’origine) et son sixième disque de
bonus qui s’en donne à cœur joie dans l’empilement
de documentaires à la gloire de l’usine Pink Panther
et de ses producteurs indépendants, les frères
Mirish. Sans oublier les, pour une fois nécessaires,
scènes coupées pour ceux qui seraient restés
sur leur faim après huit heures de visionnage et trois
boîtes de Maalox contre les crampes d’estomac.
Voilà. En dire plus ? Je vous laisse développer
votre propre argumentaire pour vous le faire offrir. Ça
ne me regarde plus.