Un film anglais de Kenneth Branagh
Avec Alessandro Nivola
Alicia Silverstone
Natascha McElhone
et Kenneth Branagh
Fox pathe Europa - 1999 - 1h40
Bonus
- Interviews
- bande-annonce
- Tournage et images inédites
SHAKESPEARE
IN LOVE
Sous l'apparence d'une romance légère, une belle adaptation
d'une oeuvre de Shakespeare par Kenneth Branagh.
Kenneth Branagh devrait faire davantage attention s’il veut
être pris au sérieux en France. À vrai dire, il
cumule les défauts. D’abord il réalise en premier
film Henri V, d’après une pièce de Shakespeare,
dans laquelle il reprend le flambeau d’un Laurence Olivier ou
d’un Orson Welles. Ensuite, il mélange les genres, part
dans toutes les directions et revient passionnément à
Shakespeare qu’il fait rimer avec bonheur.
Qui est cet artiste qui reprend Peines d’amour perdues, une
comédie légère du grand Will et la transforme
en déclaration d’amour envers les comédies musicales
américaines des années 1930-1940 ? Quelqu’un dont
la devise serait : sérieux comme le plaisir. Un saltimbanque
!
Dans un 1939 d’opérette, le roi de Navarre et trois de
ses compagnons, décident de consacrer les prochaines années
de leur vie à étudier et à devenir savants. C’est
compter sans la venue de la Princesse de France et de trois de ses
suivantes. Subterfuges et manigances vont permettre à l’amour
de se déclarer au grand jour.
L’intrigue, on le voit, n’a rien de révolutionnaire.
Tout tient dans la langue de Shakespeare, aussi fondante que de la
chair de mangue, aussi sucrée que miel ou sirop d’érable.
Un des plaisirs du film est de constater que les acteurs dégustent
presque pour eux-mêmes les mots qu’ils disent.
Un véritable travail de troupe
Pour une fois, les bonus du film sont intéressants car ils
nous montrent les acteurs au travail et l’énergie qu’ils
mettent à apprendre les pas d’une chorégraphie
ou à chanter en chœur. Ce qui, à la vision du film,
semble couler de source, requiert préparation, minutie et entrain.
On appréciera, de plus, la direction d’acteurs de Branagh,
chaleureuse et précise.
Reconnaissons qu’il faut pour rentrer dans ce film, se mettre
dans un état d’esprit proche de l’insouciance.
C’est-à-dire qu’il faut accepter sans préjugés
un bonheur facile. De temps en temps la farce peut être un peu
lourde. Peu importe, le plaisir prédomine et de vieux briscards
tels que Timothy Spall (vu chez Mike Leigh) ou Nathan Lane (qui a
joué nombre de comédies musicales à Broadway)
s’amusent comme des gamins.
Quant aux actrices, qu’il s’agisse d’Alicia Silverstone
ou de Natasha Mc Elhone, elles sont ravissantes et piquantes. Elles
ont l’étoffe des Ginger Rodgers ou des Barbara Stanwick.
Sans discerner les uns ou les autres, il est agréable de voir
que ce film dégage une impression de troupe.
Des acteurs, des actrices, jouent, chantent, dansent et nous emballent.
Si bien qu’à la fin, lors du happy end, nous sommes au
paradis.