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     DvD
 
LA PEUR AU VENTRE

Un film américain de Wayne Kramer
Avec Paul Walker
Vera Farmiga
Cameron Bright
et Chazz Palminteri

Metropolitan - 2006 - 1h55

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Attention film hard-boiled ! Parce qu’il met en scène des personnages tordus, solitaires et violents, le genre hard-boiled est assez rare. Il fait fuir les producteurs à la recherche de consensus mou. La Peur au ventre est une œuvre radicale. Malgré ses défauts, cela rend le film insolite.


À la base du projet, il y a Wayne Kramer, cinéaste remarqué pour le très beau et charmant Lady Chance, film noir mélancolique. Kramer est un amoureux du polar. Vraiment noir. Pas de héros. Pas de morale. Pas d’espoir. Juste un univers urbain, violent et codifié. Ce que décrit avec force La Peur au ventre.

Joey Gazelle doit cacher un pistolet chromé qui a servi à tuer un ripou. Ce voyou le cache dans sa cave, mais le meilleur ami de son fils le subtilise et tire sur son beau-père, un Russe défoncé. Un flic véreux fait le rapprochement. La mafia s’inquiète de la disparition de l’arme incriminée et la vie de Joey Gazelle va devenir un pur cauchemar.

Jusqu’aux dernières minutes du film, Joey Gazelle va affronter les pires pourritures ainsi que le petit gamin armé. Wayne Kramer n’y va pas avec le dos de la cuillère. Mafia italienne, pute au grand cœur, chicanos inquiétants, policiers corrompus, russes psychopathes, mac fantomatique, drogués diaboliques, et pédophiles quasi démoniaques, La Peur au ventre dépasse le concept de polar tortueux pour devenir une version désenchantée du conte pour enfants. Une drôle d’idée pour un drôle de résultat.

Le réalisateur complique gratuitement son film, mais justifie ainsi le côté fantasmagorique de cette sombre histoire. Chaque scène devient de plus en plus tendue.

Les effets de style trop épileptiques, quelques longueurs et un dernier retournement (catastrophique) gâchent un peu le spectacle, mais ce film assume une violence assez rare à l’écran, sans trop d’hypocrisie, jouant même avec des sujets qui fâchent (l’autodéfense, la vengeance, la pédophilie).

Le film est frondeur et volontairement amoral au point de choquer certains. Il y a, en plus, une surprise : l’inexpressif Paul Walker (les Fast and furious et le nanar intemporel Prisonniers du temps) trouve ici une œuvre correcte à mettre dans sa filmographie, mais à éloigner des âmes sensibles.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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