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     DvD
 
PRIMARY COLORS

Un film américain de Mike Nichols
Avec John Travolta
Emma Thompson
et Billy Bob Thornton

Universal - 1998 - 2h16
PARTIE DE CAMPAGNE
A la fois comédie de moeurs, comédie du pouvoir et documentaire, Primary colors dévoile les coulisses de la campagne d'investiture de Bill Clinton en 1992. Instrucif.


Début des années 90, Jack Stanton, jeune sénateur d’un Etat du sud des Etats-Unis sillonne le pays pour promouvoir sa candidature à l’investiture du parti Démocrate en vue des élections présidentielles. Parti de rien, l’outsider monte en puissance au fil d’une campagne difficile et du retrait progressif de ses concurrents.

A la croisée de genres aussi différents que la comédie de mœurs, la comédie du pouvoir... et le documentaire, Mike Nichols signe avec Primary colors un film tout a fait édifiant, tiré d’un livre "anonyme", best-seller mondial directement inspiré de l’ascension fulgurante d’un certain Bill Clinton.

La fin justifie les moyens

Avec un John Travolta plus "Bill" que nature et une Emma Thomson stupéfiante dans le rôle d’Hillary (Susan dans le film), on entre dans les coulisses les plus intimes de la politique américaine. Entre artisanat (les innombrables réunions publiques qui ne rassemblent que quelques poignées de sympathisants) et grosse machine de guerre, Primary colors est une mise à nu de ce que le combat politique a de plus impitoyable. Un seul credo dans le camp Stanton : la fin justifie les moyens. Et rien de cynique là-dedans. Si Le sénateur et sa femme, véritable cerveau du couple, ont conscience de leurs défauts, ils sont aussi convaincus, et leur équipe de campagne avec eux, que ces défauts sont bien moins importants que ceux de leurs adversaires. "On n’est pas des anges, mais on a de vraies convictions, un vrai désir de faire avancer cette société et il est hors de question de laisser la place à l’un de ces vieux politiciens corrompus". Moyennant quoi, tous les coups sont bons pour torpiller les adversaires à grand renfort de petites phrases assassines ou d’enquêtes privées fort documentées sur les petites et grandes faiblesses des uns et des autres... Moyennant quoi tous les coups sont bons pour étouffer les turpitudes d’un Bill incapable de résister à un jupon un peu léger...

Le propos de Mike Nichols est loin du "tous pourris" simpliste, mais s’attache plutôt à décortiquer la complexité, la cruauté et la part de comédie de la lutte pour le pouvoir. On en ressort avec l’impression d’avoir pris une bonne leçon de real politik. Une leçon profitable et transposable...


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2003
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