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     DvD
 
QUIZ SHOW
 
Un film américain de Robert Redford
 Avec John Turturo
et Ralph Fiennes
 
Hollywood Pictures - 1993 - 2h10
Que l’on ne s’y trompe pas. Le Jeu télévisé (avec un grand J) ne date pas d’hier et Jean-pierre F. n’est pas le premier à demander à la population si elle veut gagner des millions. En 1957 déjà, la télévision américaine, toujours en avance sur son temps, battait ses records d’audience en proposant à tout le pays un jeu hebdomadaire basé sur le principe éternel du question/réponse érudit. Succès énorme donc et, rapidement, problème de gestion optimum pour les promoteurs du jeu : comment faire durer le succès ? C’est tout simple : en aidant le destin à faire gagner les bons candidats, j’ai nommé ceux qui sont le mieux capables de focaliser la sympathie du public. Et c’est ainsi qu’au fil des mois et des sondages d’opinion, les candidats qui lassent sont éliminés par de nouveaux héros qui les remplacent dans le cœur des télespectateurs. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes télévisuels si un candidat "déclinant" ne s’avisait, un jour, de contester le système en dénonçant la supercherie.

C’est ici qu’intervient Robert Redford avec son troisième film en tant que réalisateur (après Ordinary People en 1980 - Oscar du meilleur film – et Milagro en 1987), entouré d’acteurs formidables : John Turturo – Barton Fink - en Herbert Stempel, le candidat évincé, prolo juif new yorkais, sympathique un temps (il est toujours flatteur pour les « petites gens » de voir l’un des siens briller par son érudition) mais manquant diablement de classe et finissant par lasser le public ; et son successeur, Ralph Fiennes – La Liste de Schindler – en Charles Van Doren, fils de la grande bourgeoisie intellectuelle WASP, beaucoup plus représentatif de l’Amérique idéale !

Filmé de manière assez conventionnelle et linéaire, Quiz Show vaut presque exclusivement par sa faculté à recréer l’ambiance du New York des années 50 et par les interprétations de ses acteurs principaux. Pour le reste, pas grand chose à retenir de ce produit « typically american » qui se termine, comme il se doit, par le-procès-qui-fait-éclater-la-vérité et, pour ne pas tomber dans un angélisme total, un générique de fin qui nous renseigne, en voix off, sur ce qu’il est advenu des différents protagonistes de l’affaire : comme il se doit, les méchants producteurs-tricheurs du jeu retombent sur leurs pattes et poursuivent une carrière florissante dans l’entertainment ! Un peu comme Robert Redford qui, après ce film « raté » nous a donné l’année suivante le remarquable Et au milieu Coule la Rivière.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2001
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