Un film anglais de Jack Hazan
et David Mingay
Avec Ray Gange
Joe Strummer
Paul Simonon
Mick Jones
et Nicky Headon
1980 - 2h07
Bonus
- Bande annonce
- Scènes coupées
Enfin
édité en France, le DVD du film mythique de Jack
Hazan et David Mingay nous fait faire un bond de 30 ans en arrière,
entre histoire et nostalgie…
A quelques mois d'intervalle, The Clash vient de faire l'objet
de deux rééditions marquantes et, pour tout dire,
inespérées. Ce fut d'abord une magnifique version
remastérisée et enrichie du légendaire
London calling que Jowebzine.com a, en son temps, salué
comme il se doit. C'est aujourd'hui, une autre facette de la
personnalité du groupe de Joe Strummer qui est mise à
l'honneur avec la sortie en DVD de Rude boy de Jack Hazan et
David Mingay, jusque-là disponible uniquement en import.
L'occasion est donc belle de remettre sous les feux de l'actualité
un groupe majeur de l'histoire du rock qui, au tournant des
70's et des 80's, choisit de politiser son propos et d'ouvrir
sa musique aux influences extérieures.
C'est exactement ce que fait Rude boy au travers d'un film marqué
par son époque et à mi-chemin du documentaire
et du film musical.
Documentaire, ou plutôt docu-fiction pour utiliser un
vocable à la mode, qui retrace le parcours de Ray Gange,
un jeune paumé londonien, qui passe son temps entre le
sex-shop de Soho dans lequel il bosse et l'entourage des Clash
pour lesquels il aimerait devenir roadie.
Manifestations pro et anti-National Front, discussions politiques
foireuses avec Joe Strummer, errances d'une jeunesse prolo et
perdue, discours sécuritaires et investiture de Margaret
Thatcher au 10 Downing Street, allocations chômage misérables,
banlieues sordides, concerts des Clash et coulisses de la tournée
sont au menu des deux heures du film de Hazan et Mingay.
Etrange programme qui mixe politique, délires potaches
et musique, mais surtout inestimable témoignage d'un
lieu et d'une époque. Rude boy est un instantané
sans calcul ni recul qui fonctionne comme une brutale machine
à remonter le temps. Les visages sont juvéniles
; le t-shirt Brigade Rosse de Joe Strummer s'affiche fièrement
(sans que l'intéressé semble savoir très
précisément de quoi il s'agit) ; Mick Jones ressemble
plus à un guitariste de Queen qu'à celui d'un
groupe punk ; Topper Headon, sportif, n'a pas encore sombré
dans la cocaïne ; et Paul Simonon traîne sa dégaine
de beau gosse insouciant.
Presque trente ans sont passé et on a l'impression que
c'est un siècle qui s'est écoulé. On se
demande ce qu'est devenu ce branleur de Ray Gange, on a une
pensée émue pour la fougue éteinte de Joe
Strummer et si un frisson nous parcoure l'échine à
chaque riff, à chaque éructation, à chaque
refrain des morceaux joués à l'arraché
sur des scènes surchauffées, on a bien du mal
à se dire que c'était le bon temps. Et pourtant…