RUSH
HOUR
Maracana en ébullition : où comment Rush atteint
son but au-delà de toute espérance…
Enfin il est là, à la portée de mains?
d’yeux et surtout d’oreilles ! Jaquette somptueuse
(un dragon genre Godzilla se sirotant une Caipirinha locale
derrière la scène où le groupe se produit),
2 galettes DVD remplies jusqu’à plus soif, soit
29 morceaux pour se rendre compte ô combien Rush demeure
un véritable OVNI dans le PRI (Paysage Rock International).
OVNI et survivant…
Rush est avant tout un groupe rescapé, au sens figuré,
d’une époque révolue où l’on
ne se battait pas encore à coup de rééditions
de CD + bonus + versions alternatives + remasterisation…
Où les groupes passaient près de 250 jours par
an sur la route plutôt que de faire 3 fois le Stade
de France à 600 francs... Oups, 90 euros la place.
Où les groupes trouvaient encore l’énergie
d’enregistrer leur 33 tours (si si, vous savez bien
le grand truc rond et noir qui attire la poussière)
annuel en 2 petits mois, mixage compris. Rescapé aussi
au sens propre du terme : après la terrible tragédie
personnelle vécue par Neil Peart, le batteur, en 1997
(décès à quelques mois d’intervalle
de sa fille et de sa femme), peu de personnes en effet ne
donnaient pas cher du devenir du groupe. Il a donc fallut
laisser "travailler" le temps…
Et puis, en 2002, sortit Vapor trails, le 17e opus studio
du groupe. S’ensuivit alors une tournée nord-américaine
d’une soixantaine de dates ponctuée par quelques
concerts sud américains (Mexique et Brésil),
où le groupe ne s’était jusqu’alors
jamais produit. Le DVD propose ici l’intégralité
de l’ultime concert au célèbre stade de
Maracana à Rio de Janeiro.
Autant le dire tout de suite, le spectacle proposé
dépasse toutes les espérances : que se soit
par le répertoire interprété (couvrant
sans omission notable 30 années de carrière
avec 4 morceaux issus du petit dernier à savoir Earthshine,
One little victory, Ghost rider et Secret touch), par la durée
(un show de près de 3 heures ainsi qu’un reportage
sur l’escapade brésilienne), par une réalisation
sans faille (mention spéciale au multi-angles sur 3
morceaux : YYZ, O Baterista et la Villa strangiato ainsi qu’à
une gestion des caméras, 22 pour être exact,
qui ne fait pas mouiller l’œil au bout de quelques
minutes, changements de plans incessants obligent) et enfin,
et surtout, une ambiance torride comme peu de pays peuvent
se targuer d'en offrir.
40 000 cariocas et moi et moi et moi…
Que dire, en effet, du public qui couvre "vocalement"
le groupe du début à la fin du concert. De mémoire,
pas certain d’avoir vu et entendu quelque chose d’approchant
depuis Queen à Wembley en 86 et… Rio en 1985
(et oui déjà). Bien que le groupe se soit produit
à Sao Paulo quelques jours plus tôt devant une
foule plus conséquente (60 000 personnes), la ferveur
avec laquelle le public carioca accompagne (porte, semble
en l’espèce plus juste) le trio canadien est
tout bonnement indescriptible : de l’intro de Tom Sawyer,
en passant par l’instrumental YYZ, l’acoustique
Closer to the heart et le désormais incontournable
et toujours aussi incompréhensible solo de batterie
de Mister Peart, la foule connaît la moindre parole,
mime la moindre descente de fûts (et il y en a quelques-uns
unes, croyez-moi), le moindre vrombissement de pédale
de basse.
Le groupe n’est pas ingrat et les remercie chaleureusement
dans la jaquette intérieure en regrettant au passage
de les avoir "ignorés" si longtemps (et nous
la France : le Zénith parisien de 1992, c’est
loin non ?)
Alors, que garder d’un tel déluge visuel et
sonore ? De petits moments de pure félicité
comme, par exemple, cette superbe interprétation de
The pass (un des titres préférés de Geddy
Lee, le bassiste-chanteur), l’arrangement acoustique
en duo Lee-Lifeson sur Resist, et enfin O Baterista qui prouve
encore une fois, si besoin en était, que Neil Peart
demeure bien un des plus grands manieurs de baguettes que
la planète rock ait comptée, mais également
un sacré caméléon aussi à l’aise
dans les rythmes "ipanémien" et "copacabanien"
que jazzy (petit clin d’œil hommage à son
maître Buddy Rich).
Enfin, pour les fans ludiques, ce DVD les comblera puisqu’il
convie les plus perspicaces d’entre eux au fil d’une
quête d’œufs de Pâques virtuels, à
visionner 2 séquences cachées (By - Thor &
Anthem).
Bonne chasse et cueillette à toutes et à tous…
Obrigada
Stéphane Muller
© Jowebzine.com - Novembre 2003
PS : une fois encore, préférez
la version cartonnée collector US plutôt que
la fadasse édition européenne qui est attendue
pour la fin novembre.
Les sites à visiter :
http://www.rush.com
http://www.rushinrio.com
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