Maltraité
par le réseau hertzien, Scrubs, rebaptisé Toubib or
not toubib, est l’une des meilleurs séries comiques.
Cette quatrième saison confirme l’énergie débordante
de cette drôle de série médicale. Sa bonne humeur
est communicative : voilà la principale qualité de Scrubs.
Le schéma de la série médicale est assez classique
: des petits nouveaux innocents et des vieux briscards du bistouri
cohabitent dans un hôpital et rencontrent des problèmes
d’éthiques et de cœur. De Docteur Kildare à
Grey’s Anatomy, le quotidien médical ressemble à
la télévision, à un imbroglio professionnel et
personnel.
En 2001, le créateur du décapant Spin City, Bill Lawrence,
décide de parodier ce genre qui connaît à l’époque
son apogée avec les succès conjugués d’Urgences
et La Vie à tout Prix. Cela donne donc Scrubs, vision déformée
et hilarante de la vie hospitalière.
Ici, le petit nouveau, JD, est un rêveur, maladroit, imaginatif
et romantique. La jeune recrue c’est une délicieuse blonde,
Elliot, souffrant d’un manque de confiance très important.
L’apprenti chirurgien, Turk, est une grande gueule calmée
par la piquante infirmière en chef, Carla. En face d’eux,
il y a un médecin cynique, un médecin soupe au lait
et un concierge machiavélique.
Pour cette quatrième saison, tout le monde reste à sa
place malgré l’expérience engrangée par
les novices. Ils ont certes des responsabilités, mais ils s’étonnent
toujours autant des mauvais coups de leurs aînés et de
leurs proches.
Le principe d’observer l’hôpital à travers
l’imagination de JD marche à plein régime. Les
gags se succèdent à cadence inouïe et c’est
une surprise de voir à quel point les auteurs maintiennent
le rythme après trois saisons.
Scrubs est une version médicale de Parker Lewis ne perd jamais.
L’humour à la mitraillette, une mise en scène
acrobatique, des interprètes (dont l’excellent Zach Braff)
déchaînés, des petites morales à chaque
fin d’épisode, une bande-son charmante : le traitement
est le même que celui de la série adolescente des années
80.
L’ensemble est même plus intéressant car la parodie
du genre se transforme très souvent en satire de la vie américaine.
Scrubs scrute l’immaturité qui habite ses grands enfants
que sont les Américains. Leur refus de la maladie, la douleur
ou la mort représente une étrange toile de fond pour
une vraie comédie, aussi réussie que Mash.
Les neurasthéniques, les hypocondriaques et tous les amateurs
d’humour doivent se procurer ce coffret. Loin des rhumes et
des coups de froids, ils pourront passer devant leur télé,
de chaudes et drôles soirées d’hiver.