Un film anglais de Terry Jones
et Terry Gilliam
Avec Graham Chapman
John Cleese
Eric Idle
Terry Jones
et Michael Palin
Universal - 1983
2 disques avec wattmille suppléments
À
travers une série de sketches et pendant plus d’une
heure et demie, cinq types incarnent trois mille personnages
pour tenter de nous faire comprendre ce qu’est le sens
de la vie.
Je n’avais pas revu ce film depuis quelques années
et sa récente sortie en DVD tombe à point nommé,
voire même en contrepoint à la sortie prochaine
de la Passion de Mel Gibson Amen. Elle tombe à point
nommé parce que, comme le fait si justement remarquer
John Cleese au cours de l’exemplaire documentaire qui
remplit le deuxième disque de ce coffret : il paraît
inconcevable aujourd’hui de faire un tel film (et il ajoute,
avec cette petite allumette au fond de l’œil que
ne possèdent que ceux qui sont allés très
très loin dans la connerie enrichissante, "et je
ne vous parle même pas de La vie de Brian").
Oui, à l’heure où il convient de ne plus
rire de rien avant d’avoir obtenu sa carte d’agent
du Grand Consensus, Le sens de la vie et son nihilisme retentissant
donne des bouffées de chaleurs et des crises de rires,
et nous projette presque avec envie en ces tendres années
80 qu’il est de bon ton aujourd’hui de sanctifier.
C’est débridé, c’est n’importe
quoi et puis finalement non, c’est fou furieux, c’est
dégueulasse et puis pas tant que ça, ça
prend son temps et ça galope et ça inspire et
ça exsude l’intelligence de l’humour contre
toutes les malversations. On sort de là propre comme
un euro neuf et on découvre, ô splendeur, qu’il
y a plein de bonus marrants et particulièrement bien
foutus comme, une fois n’est pas coutume, les inévitables
scènes coupées et des anecdotes qui laissent entrevoir
bien des choses comme ce court-métrage que tourne Terry
Gilliam pour faire l’introduction du film et qui pompe
à lui seul un bon quart du budget total.
Et la musique, cette frasque permanente de paroles outrageantes
et de partitions pompières en diable.
Oui, les Monty Python valent une bonne partie de l’or
planquée à Fort Knox et il est temps de s’accaparer
ce qui nous revient.