Derrière
les adorables trémoussements de nez de la charmante Samantha
(Elisabeth Montgomery), et la tête d’ahuri de son mari
Jean-Pierre (Dick York dit "le vrai" Jean-Pierre (Darrin)
Stephens - 1964-68 - et Dick Sargent dit "le faux" Jean-Pierre
Stephens - 1969-72), la série Ma sorcière bien aimée
(Bewitched : "ensorcelé") représente un amusant
pied de nez au conformisme de l’époque.
Pour avoir été maintes fois diffusée sur les
écrans français depuis juillet 1966, l’histoire
est aujourd’hui bien connue. Bien que jeunes mariés,
Jean-Pierre et Samantha possèdent tout ce dont peut rêver
un couple moderne : une jolie petite maison, un adorable jardin, une
voiture confortable et quelques amis pour garnir le tout (dont le
fourbe moustachu Alfred Tate, patron et ami de Jean-Pierre, obsédé
par l’argent). Cependant, le jour de ses noces, Jean-Pierre
a une énorme surprise : Samantha lui avoue être une sorcière.
Décidé à ne pas être mis au ban de la société,
Jean-Pierre convainc sa femme de ne pas utiliser ses pouvoirs. Toutefois,
malgré ces précautions, le quotidien du jeune couple
va devenir étrangement décalé.
Dans l’Amérique des années 60, ce n’est
pas le bûcher qui guète Samantha, mais une moralité
qui censure tout ce qui la dérange. Les voisins ne l'acceptent
pas (la très convaincante Mme Kravitz interprétée
par Alice Pearce puis Sandra Gould) et sa belle-famille, dont Jean-Pierre,
la corsète dans un rôle de femme au foyer bien moulé
! Au-delà du conte de fées, la série se fait
la porte-parole de toutes les minorités. Et c'est là
que réside le ressort comique de Ma sorcière bien-aimée.
La série se moque de l'univers conventionnel dicté par
"l'american way of life". Mode de vie qui contraste avec
la fantaisie des sorcières. C'est grâce à cet
aspect que la série a gardé sa force. Bien qu’au
final, audimat oblige, les valeurs morales et bourgeoises reprennent
toujours le dessus. Et c’est le baiser entre Samantha et Jean-Pierre
qui conclut systématiquement les épisodes.
Les deux premières saisons sont disponibles séparément
dans deux coffrets qui comportent chacun plus de trente-six épisodes
de 26 minutes. À noter que seules les versions colorisées
(avec rires !) sont disponibles en France. Pour les amoureux du noir
et blanc, il est toujours possible de commander la série dans
sa version originale en import américain.