Un film japonais de Katsuhito Ishii
Avec Takahiro Sato
Maya Banno
Tadanobu Asano
Satomi Tezuka
CTV - 2004 - 2h20
Bonus
- Making of
- Interviews
- Passage à Cannes
- Clip
Un
jeune homme court. Après un train ! Après une fille
! Il ne rattrapera jamais la locomotive. L'histoire d'amour tourne
court, mais quelques minutes plus tard, le garçon craquera
pour une jeune collégienne. Il l'aimera en silence et cette
passion nourrira son imagination. Cet adolescent discret se nomme
Hajime, fils aîné des Haruno, une famille d'excentriques.
La petite soeur, Sachiko, vit en permanence avec un double géant.
C'est très ennuyeux car elle est déconcentrée
et n'arrive pas à apprendre à faire la pirouette. Si
les enfants sont bizarres, le reste de la famille est pas mal non
plus.
Yoshiko, la mère, est une brillante illustratrice noyée
dans son travail de dessin animé. Le père, Nobuo, se
consacre lui aussi à son travail : l'hypnotisme thérapeutique.
Le grand père, ancien mangaka, est le plus espiègle
de la tribu.
Même les oncles déroutent : l'un travaille dans la musique
avec un jemenfoutisme rare et l'autre est un dessinateur maladroit,
mal aimé et adepte de la pop japonaise du plus mauvais goût.
Des personnages décalés, il n'y en a pas que chez les
Haruno. Cette famille attire les loufoques et réveille les
pensées les plus saugrenues. Le réalisateur, Katsuhito
Ishii, a l'excellente idée de filmer tout ce qui se passe dans
la tête de ce clan iconoclaste.
S'il existe des films prêts à l'analyse, les meilleurs
sont toujours ceux qui n'offrent qu'un plaisir simple et durable.
The taste of tea s'amuse à déconcerter et bricole une
poésie moderne qui va droit au cœur.
Le réalisateur décompose avec intelligence la folie
tranquille qui nourrit les sentiments à des âges différents.
Issu de la pub, Ishii, en multipliant les digressions toutes élégantes,
trouve une universalité en décrivant avec subtilité,
les douleurs et les joies partagées par tous ! La grande liberté
de ton cache une chronique généreuse sur la famille.
Cela a beau faire références à la culture pop
japonaise, décrire des personnages absolument imprévisibles,
mélanger les désirs avec la réalité, The
Taste of tea dit plus de vérités que n'importe quel
drame naturaliste. Grâce à la fantaisie la plus débridée,
Ishii offre à son spectateur, un sentiment d'harmonie inestimable.
Le goût du thé révèle ici une soif de vivre
essentielle et une mise en scène d’une rare originalité.
Indispensable !