Un film américain
de Bobby et Peter Farrelly
Avec Drew Barrymore
Jimmy Fallon
Jack Kehler
et Ione Skye
Fox - 2005 - 1h43
Bonus
- Bétisier
- Scènes coupées
- Fin alternative
- Extraits du tournage
Distribué
en France dans une salle et demi, le dernier film des frères
Farrelly ne pourra que profiter d’une sortie en DVD. En adaptant
le romancier anglais Nick Hornby, les frangins prouvent un peu plus
la singularité de leur idée de la comédie américaine
!
Professeur de mathématiques, Ben rencontre Lindsey, une working
girl stressée. Rigolo, Ben charme la demoiselle. Elle le présente
à ses amis, séduits eux aussi. Elle se surprend à
aimer ce grand enfant jamais sérieux, toujours affable. Ben
a une passion depuis son ingrate enfance : le base ball. Il supporte
ardemment les Red Sox de Boston. Lorsque la saison commence, leur
relation amoureuse va connaître quelques turbulences…
Remplacez le base ball par le football, et vous retrouvez les grandes
lignes de Carton jaune, le roman de Nick Hornby qui, décidément,
inspire les Américains après Haute
fidélité et Pour
un garçon. D’ailleurs le livre fut déjà
adapté en Angleterre, en 1997, avec Colin Firth. Pour cette
version américaine, la base littéraire est renforcée
par l’apport des turbulents Peter et Bobby Farrelly, responsables
de Mary à tout prix.
Comme l’auteur de Vous
descendez ?, les deux frères cachent derrière un
"gros" humour, une vraie tendresse. Depuis Dumb & Dumber,
les Farrelly se sont nettement calmés sur les gags énormes,
la scatologie et la stupidité assumées. Dès Fous
d’Irène, il était facile de deviner la passion
qu’ils portaient pour leurs héros, souvent marginaux
dans une société trop corsetée. Le plus intéressant
dans Terrain d’entente reste leur vision des supporters de base
ball, le rapport entre la ville Boston et son équipe. Le stade
reste le seul endroit de la diversité et de la rencontre dans
une ville où cohabitent des castes.
Toujours corrosifs, les frères s’attendrissent au fil
du temps, et dans Terrain d’entente, les blagues sont plus conventionnelles,
moins provocantes. Ce qui les intéresse, ce sont leurs personnages,
perdus, solitaires et finement observés. Comme chez Hornby,
ils ne préfèrent pas s’acharner et jouent la carte
de la légèreté et de la compassion.
Le film n’est pas une œuvre essentielle mais une comédie
sentimentale un peu barrée, faussement gentillette. Les auteurs
arrivent à rendre sympathique l’agaçant Jimmy
Fallon, touchant en supporter amoureux. Drew Barrymore est parfaite.
Les détails autour d’eux font l’essentiel pour
détourner les conventions. On est loin des éclats de
rire de Mary à tout prix, cependant Terrain d’entente
se révèle être pour les amateurs de comédies
sincères et humbles une terre d’accueil.