Un film français de Thomas Gilou
Avec Richard Anconina
José Garcia
Bruno Solo
Gad Elmaleh
et Daniel Prevost
Warner Bros - 2000 - 1h45
Javais
réussi à résister à la pression au moment
de la sortie en salles. Et pourtant ! Rappelez-vous : pas moyen dallumer
la télé, douvrir un magazine, dallumer la
radio, de lire une affiche... sans tomber inexorablement sur la brochette
dacteurs de La Vérité si je Mens 2. Tous les panneaux
Giraudy, ils les ont squattés. Toutes les émissions
télé, ils les ont faites. Tous les journaux, ils les
ont remplis. Et quand je dis tous, cest bien tous. Je ne suis
même pas certain que Le Monde Diplomatique y ait échappé.
Ajoutons à cela le panégyrique quotidien des collègues
qui étaient allés le voir la veille, tout fiers dintégrer
enfin le Club de plus en plus ouvert de "ceux qui lont
vu" (sanctionné par un examen dentrée à
base de récitation des meilleures répliques, de préférence
avec laccent). Tout excités quils étaient,
les collègues : et du "mon fils" par ci, et du "sur
la tête à tonton Maurice" par là... Eh bien,
je vous le répète, malgré toutes ces nombreuses
incitations, javais quand même résisté à
la pression : au risque de mettre en péril mon sentiment dappartenance
à lentreprise, je nétais pas allé
voir La Vérité si je Mens 2 au cinéma.
Et voilà que, lautre week-end, relâchement et désoeuvrement
vespéral aidant, je me suis laissé séduire par
la proposition familiale de non seulement louer le récemment
sorti DVD du film, mais aussi de le regarder. Eh oui, ce sont ces
petits moments de faiblesse qui parfois redonnent une dimension humaine
à mon personnage. Donc, me voilà finalement embrigadé
dans cet incontournable spectacle dont tout le monde - et quand je
dis tout le monde cest tout le monde - dit tant de bien.
Et là, rapidement, au bout dune vingtaine de "couilles"
et au moins autant de "bites" (qui ponctuent les dialogues
aussi régulièrement que les articles définis
mes chroniques), mon esprit séchappe. Et je les revois
tous ces Drucker, Boyer, Foucault, PPDA, Chazal, Durand, Ardisson
et autres dictateurs du petit écran. Je les revois hoquetant
de rire à la moindre parole de la brochette invitée,
chopant des crampes au ventre à lévocation des
scènes mythiques, éclatant leurs gerçures aux
lèvres (on était en février 2000) sous leffet
de tant de gaz hilarant en pellicule. Et je me demande pourquoi, moi,
je me sens tellement navré devant un si affligeant spectacle,
une aussi hallucinante caricature sans aucune finesse, où les
femmes (que jai par pudeur volontairement éliminées
de la distribution) sont réduites au rôle de potiches
bêtasses (que font les Chiennes de garde !?) Et les hommes ?
Des machines à grossièretés, à engueulades
démesurées, ridicules machos... mais avec un bon sens
de lamitié. Bien sûr, José Garcia (Serge
Benamou) parvient parfois à faire sourire : mais franchement,
il serait temps quil pense à changer de registre ...
sinon, il est bon pour disputer la succession de Louis de Funès
à Christian Clavier.
Pierre Dac disait : "Un bon scénario ne comporte pas forcément
des scènes à Rio de Janeiro ». Eh bien ici,
cest en Tunisie que notre brochette est allée se faire
griller, aux frais du spectateur. Sans effet bénéfique
non plus pour un scénario digne de Max Pecas, tant il est pauvre,
prévisible et lourdingue (le gros méchant de la grande
distrib qui arnaque la bande de copains du sentier, mais qui
ne perd rien pour attendre, parce que cest des malins, les copains
du sentier et ils vont lui brûler la bite à cet enculé
de Monsieur Vierhouten...). Franchement, on nage en pleine beauferie...
et on na pas tout vu !
En effet, le DVD est farci de bonus ! Je cite en vrac, lincontournable
bêtisier (était-il besoin den rajouter ?), mais
aussi le best of des émissions télé (merci à
la touche avance rapide de lappareil), des scènes inédites,
un micro trottoir, la bande annonce et... "le karaoké
où tu peux donner la réplique à la place de ton
personnage préféré" (sic) !