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     DvD
 
VERTIGO

Un film américain de Alfred Hitchcock
Avec James Stewart
et Kim Novak

Columbia-Tristar - 1958 - 2h09

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Même s'il y a beaucoup de choses à en dire, la restauration et ressortie de Vertigo est une formidable occasion de se replonger dans le chef d'œuvre d'Aalfred Hitchcock.


John "Scottie" Fergusson, policier de San Fransisco, se voit confier par un ami la surveillance de son épouse aux tendances suicidaires. Hélas ! Scottie souffre de vertige. Cette phobie ne l’aidera pas dans sa tâche, ni dans l’histoire qui en découlera, à la poursuite invraisemblable de la belle et ténébreuse Madeleine.

En 1996, les studios Universal se lancent dans la restauration d’un des plus grands films d’Hitchcock, Vertigo, pour le meilleur et pour le pire. Ce qu’il y a de bien avec les restaurations de films américains, c’est qu’il y a toujours beaucoup d’argent disponible pour les produire (ici, un million de dollars). L’ennui, c’est cette même somme d’argent. On imagine bien que Universal n’a jamais été un mécène et qu’un million de dollars investi ne l’est jamais sans un solide plan média destiné à en rapporter le quadruple.

Donc voici en DVD, après sortie mondiale en salle, la version restaurée de Vertigo et sa cohorte de bonus, dont un documentaire à la gloire des restaurateurs qui prennent une demi-heure fouillie pour nous expliquer "comment ils ont fait, comment c’était bien de faire et comment c’est qu’on fait pour faire aussi bien", tout ça encadré par deux commentaires introductif et conclusif du maître Scorsese (qui au passage ne parle jamais de la restauration dont il est question mais seulement du film), et tout ça pompeusement arrosé d’un très fébrile "Hitchcock n’a finalement jamais vu Vertigo dans sa version originale (sous-entendu la notre) et c’est sûr qu’il l’aurait adorée" (sic !).

Or, ce qui frappe en premier, hélas ! dans cette version restaurée donc, ce n’est pas le magnifique travail de nettoyage de l’image vista-vision d’origine reportée sur du 70 mm qui redonne toute sa dimension au film après des décennies de pan and scan (2) télévisuel. C’est le retravail du son ! Et ils s’en vantent, nos deux trublions Kats et Harris, très fiers de nous avoir re-bruité tout ça, tout boosté à la sauce DTS, prêt tout chaud tout mou pour nos home cinéma bien affûtés. Alors, on assiste impuissants à cette première séquence, la poursuite sur les toits, tourné dans les studios de Burbank en 1957, et on entend ces coups de feu issu de la technologie numérique des années 90 et ça fait comme de regarder du Chaplin en écoutant du Van Halen : on peut le faire, aucun texte de loi du bon goût ne l’interdit, mais ça coince quelque part. Et tout est du même acabit : surbruité, surbruyant, même Scottie marchant sur la moquette de la chambre d’hôtel de Madeleine devenue Judy, repliant son journal, venant s’asseoir sur le lit, fait trop de bruit pour si peu de mouvements.

Une restauration à la sauce américaine n’est pas un coup de peinture à la légère. C’est un investissement. En voilà la preuve, appuyée par, en plus, un commentaire audio des deux ouvriers, en option (je n’ai jamais eu la patience de me livrer à ce genre d’exercice, je laisse ceux que ça amuse seuls juges).

En dehors de ça, et puisque c’est vraisemblablement l’unique édition qui existe à ce jour de Vertigo en DVD, je ne saurais trop vous encourager à ne pas écouter mes remarques gonflantes de pseudo-cinéphile pointilleux et à revoir ce chef-d’œuvre dans lequel, en dehors du maître Hitch, quelques autres talents et vieux compagnons de route de l’Anglais, se taillent des parts royales : les robes qu’Edith Head confectionna pour une Kim Novak émulsive, le générique de l’immortelle Saul Bass, les effets visuels de Robert Burks (combien ont pillé à ce jour le plan de l’escalier), la musique de Bernard Hermann et surtout, bon sang, l’incroyable regard d’épagneul sadisé de James Stewart au sommet anapurnesque de son art.

Détendez-vous, le reste c’est de la littérature d’excité.


Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Novembre 2003


(1) Navré de snober ainsi le titre français, Sueurs Froides, mais il m’est impossible d’utiliser cette gabegie. On aurait au moins pu prendre le titre original du roman de Boileau-Narcejac, D’entre les morts, si c’était la version anglaise qui gênait à l’époque.

(2) Le pan and scan est un procédé américain qui permet de reformater une image cinéma allongée type cinémascope en format carré télé (combien n’ont jamais compris les douze premières minutes d’Il était une fois dans l’Ouest parce que les deux protagonistes du duel se trouvaient trop à droite et à gauche dans le cadre d’origine ?)

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