Un film danimation de George Dunning
Musique des Beatles
MGM - 1968 - 1h29
Bonus
- Documentaire : Mod odyssey
- Interviews de l'équipe du film
- Commentaires de l'équipe technique
- Piste musicale isolée
- Photos
- 3 séquences de story board
- Dessins originaux
- Livret de 8 pages
Paradis
multicolore, Pimentière, petit pays situé on ne sait
trop où - sûrement sur une planète comme la terre
ou un truc comme ça - coule, avec ses habitants, des jours
heureux pleins damour, de paix, de culture et de musique. Cest
un vrai plaisir de voir tous ces gens calmes, sereins, ouverts...
sauf pour le Sire Bleunoir. Car le chef pléniventripotant de
la tribu des Meskins naime que le bleu, déteste la musique,
le mot oui et les gens heureux. Alors, il décide denvoyer
son armée bleuir Pimentière une bonne fois pour toutes.
Bleuir, ça veut dire passer de la couleur au noir et blanc,
figer tous les mouvements et surtout anéantir tout ce qui peut
ressembler à de la musique. Ce qui est fait en deux temps trois
mouvements tant ces méchants Meskins, dans leurs différentes
composantes (Gants volants, Pommeurs, Turcs à crocs, Clowns...),
sont efficaces. Seul un brave papy barbu réussira à
séchapper en embarquant in extremis dans un sous-marin
jaune qui vole, qui se trouvait là. Cest dans une rue
triste de Liverpool quil échouera, rencontrera Ringo
et ses trois compères de la Fanfare des Curs Esseulés,
qui iront - à lissue dun voyage délirant
au travers dun tas de mers inconnues, mer du temps, mer de vert
et avec laide dun Riennais savant embarqué en route
- libérer Pimentière en y réintroduisant la musique.
Voilà grosso modo le synopsis, version française.
Il nexiste pas de version doublée en français
de Yellow Submarine. Sûrement que Pierre Tornade, Jacques Balutin
et Roger Carel nétaient pas libres à lépoque.
Mais les sous-titres valent leur pesant de cacahuètes : Pimentière
pour Pepperland, le Riennais pour Nowhere Man, Les Meskins pour les
Blue Meanies... Cest génial.
Nous sommes ici dans un chef duvre unique, un dessin animé
dune poésie, dune inventivité, dune
drôlerie absolument jubilatoires. Dans le scénario, dans
le graphisme, dans la musique, les notes surréalistes se mêlent
habilement aux fondamentaux psychédéliques : profusion
de couleurs vives, de fleurs, de rayures, de photo-compositions, de
clins dil au pop-art.
Quant à la musique... douze chansons des Beatles du meilleur
tonneau (de Eleanor Rigby à Lucy in the sky, en passant par
un formidable Hey bulldog opportunément réintroduit
dans la version DVD), qui collent aux images de façon magique
!
Ce désormais classique de lanimation, cest lépatant
symbole de cette époque peace and love, débridée,
folle et profondément humaine dont on ne peut sempêcher
aujourdhui davoir la nostalgie.
Allez, un petit tour en sous-marin jaune et ça ira mieux...