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ZATOICHI
Un film japonais de Takeshi Kitano

LA LEGENDE DE ZATOICHI :
LE MASSEUR AVEUGLE

Un film japonais de Kenji Misumi

Coffret de 2 DVD
Wild Side - 2004

Le premier et le dernier film consacrés à Zatoïchi sont réunis dans ce coffret qui est une véritable merveille pour tous les fans de cinéma japonais… et tous les cinéphile.


D'abord, la bonne idée : réunir dans un même coffret le premier et le dernier film (en date) consacré à l'histoire du masseur aveugle Ichi, à la fois joueur et ancien yakuza. Le film de Kenji Misumi est le premier d'une longue suite (26 films au total et une série télévisée de plus de 100 épisodes), mais c'est surtout le jeu de l'acteur Katsu Shintarô qui crève l'écran. Aujourd'hui encore, il surprend par cette subtile interprétation du personnage de Zatoïchi.

Le film de Beat Takeshi (Kitano Takeshi), lui, est le dernier en date (2003), mais son succès au Japon et dans le monde entier prouve que le personnage du combattant handicapé fait encore recette.

Pourquoi un tel succès ? Le public aime Zatoïchi dont la préoccupation première est la survie dans une société par nature hostile à son handicap. La cécité fait de lui la victime idéale de toute personne malintentionnée et son statut de vagabond ne lui garantit qu'un seul soutien : le sien. Zatoïchi est toujours celui par qui le malheur arrive et son errance le rend toujours suspect.

Le personnage est en demi-teinte. A la fois débonnaire et morbide, il reste inclassable. Zatoichi n'est pas un justicier, par exemple son sabre est dissimulé dans sa canne d'aveugle, ce n'est qu'un moyen de se défendre. Le code du bushidô (voie du guerrier) lui est tout aussi étrangère que la sois-disant morale des yakuzas.

Dans le film de Misumi, le personnage du masseur est empreint de noirceur. Le film tourne autour de son amitié avec un samourai rônin, Hiraté, qu'il doit affronter en duel. Son attachement est en fait une solidarité d'infirme : Hiraté est atteint de tuberculose. La sympathie de Zatoïchi apparaît comme une ruse. La ruse lui sert encore lorsqu'il joue : on essaie toujours de le tromper, il confond alors ses rivaux pour empocher le magot...

Le film de Kitano se lit comme un hommage au film de Misumi, au personnage de Zatoïchi et enfin à l'acteur Katsu Shintaro. L'histoire est sensiblement la même : Zatoïchi arrive dans un village menacé de ruines par des clans rivaux de yaluzas. Sous ses allures débonnaires et maladroites, il exprime dès les premières dix minutes du film ses talents de bretteurs. Dès lors, les combats parfaitement orchestrés, le scénario, le cadrage, la musique ajouté à la maestria de Kitano font de ce dernier opus des aventures de Zatoïchi le masseur aveugle un chef d'œuvre.

L'intérêt majeur de ce coffret repose uniquement sur la qualité des films mis en avant et pas sur les bonus éventuels. Deux bonus valent uniquement ce titre dans le coffret : l'entretien avec Takeshi Miike et le documentaire de 13 minutes sur la fécondité du thème du guerrier handicapé dans l'histoire du cinéma.


Alexandra Grandmougin
© Jowebzine.com - Décembre 2004
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