Les
pingouins sont les nouvelles stars du spectacle pour enfants. Après
les affreux jojos de Madagascar, la fameuse Marche
de l’empereur, avant les surfers manchots des Rois de la
glisse, voici donc Happy feet ou la danse de l’empereur.
Mumble n’a pas eu de chance. Quand il était dans son
œuf, son père, un empereur, l’a laissé tomber
en période de grand froid. Lorsqu’il casse sa coquille,
Mumble n’est pas comme les autres pingouins. Ces oiseaux aiment
chanter, or le petit nouveau adore danser. Ses pattes ont la bougeotte
et Mumble pratique la claquette avec un talent rare. Cela a le don
d’agacer les anciens qui pensent que ce petit oiseau est de
mauvais augure. Parce qu’il n’y a plus de poisson, Mumble
est banni de la tribu.
Le nom de George Miller restera à jamais lié à
l’univers apocalyptique de Mad Max. Pourtant le réalisateur
australien s’est éloigné du film d’action.
D’abord avec le mélo Lorenzo puis en signant les aventures
de Babe, le petit cochon qui voulait devenir berger ! Happy feet confirme
cette volonté de réaliser des spectacles familiaux et
assez futés.
Happy feet est donc un spectacle jubilatoire. La tribu de Mumble,
le ventre vide, interprète des succès populaires et
cela donne des chorégraphies hilarantes et assez ironiques.
C’est un peu Moulin Rouge en Antarctique.
Les pingouins singent les hommes : la farce est évidente et
plaisante. Les enfants s’amuseront autant que les parents. Plus
fort, Miller soutient une histoire solide, sans mièvrerie.
Lorsque Mumble est prisonnier dans un zoo, l’ambiance est glaciale.
Le message écologique assume une certaine gravité. Le
destin de Mumble est un éloge de la différence. Comme
Babe, Miller ne se laisse pas aller à un simple plagiat de
Disney.
Le film est peut-être trop long, mais il fait preuve d’une
belle énergie, communicative et drôle. Il confirme en
tout cas que George Miller, loin des déserts dangereux de Mad
Max, n’est pas un manchot !