Un film américain Mike Newell
Avec Daniel Radcliffe
Emma Watson
Rupert Grint
Ralph Fiennes
et Michael Gambon
Warner Bros Pictures - 2005 - 2h35
Harry
Potter et la coupe de feu, 4e opus de la saga de ce sorcier
sorti tout droit de l’imagination de l’écrivain
anglais J.K. Rowling, a débarqué sur nos grands
écrans le 30 novembre.
96 830 entrées à Paris le jour de sa sortie, plus
de 600 000 sur toute la France : inutile de vous (re)présenter
ce héros qui, depuis plusieurs années maintenant,
hante nos maisons sous différentes formes : livres, DVD,
jeux, posters, et autres produits dérivés que
les as du marketing ne cessent de nous inventer. Sans parler
de nos charmantes têtes blondes qui rêvent de ressembler
à leur héros et se passionnent pour les sortilèges
de "bave de crapaud" et autres charmants ingrédients
en espérant épater leurs petits copains d’école…
Mais revenons-en à nos moutons, ou plutôt à
nos dragons... La quatrième année à l'école
de Poudlard est marquée par le "Tournoi des trois
sorciers". Les participants sont choisis par la fameuse
"coupe de feu" qui est à l'origine d'un scandale
: elle sélectionne Harry Potter alors qu'il n'a pas l'âge
légal requis !
Accusé de tricherie, rejeté par son meilleur ami,
titillé par les prémices de l’adolescence,
il devra affronter différentes épreuves, plus
dangereuses les unes que les autres, qui l’entraîneront
vers une ultime confrontation avec "Celui dont on ne doit
pas prononcer le nom"...
Si l’épisode réalisé par Mike Newell
est esthétiquement beau, agrémenté d’effets
spéciaux qui rendent les scènes d’action
plus que réalistes, et parsemé d’une touche
d’humour, si les décors nous plongent (ou nous
replongent) immédiatement dans l’univers d’Harry
Potter et nous permettent de passer un très agréable
moment, certains ressortiront de la salle avec un sentiment
de frustration.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le film, contrairement
au livre, passe quelque peu à côté des personnages.
Les sentiments sont traités sans profondeur. Les évènements
s'enchaînent sans que l'on ait le temps de bien comprendre
le pourquoi du comment, privilégiant ainsi l’action
et le rythme. C’est dommage. Dommage pour les inconditionnels
qui regretteront sans doute l’absence de certaines scènes
ou le piquant de certains personnages. Dommage aussi pour les
profanes qui risquent de passer un peu à côté
de l’émotion et de ce qui fait qu’il existe
autant "d’Harry-Potter-Maniaques"…
Mais sans doute est-ce l’éternelle problématique
de l’adaptation cinématographique d’un best-seller,
qui plus est lorsque celui-ci contient 650 pages !
En résumé, peuple de moldus, laissez-vous embarquer
dans le balai de la magie, contentez-vous d’en prendre
plein la vue sans chercher à comparer avec le livre et
vous passerez un agréable moment au pays des sorciers.
Quant à vous, chers réalisateurs des prochains
opus, pensez à prendre quelques cours d’expression
scénique qui vous seront bien utiles pour traduire toutes
les émotions des tomes 5 et 6 ! A suivre…