À
quoi tient une vocation ? À 14 ans, comment convaincre
en se battant contre les idées reçues ? Marie-Aude
Murail nous propose un roman tout en humour et en justesse.
Louis, collégien peu brillant, fils d’un chirurgien
connu et reconnu, doit effectuer un stage en entreprise pour
une semaine. Évidemment, il ne s’en préoccupe
qu’au dernier moment. Sa grand-mère prend finalement
les choses en main et Louis aboutit dans un salon de coiffure.
Il rentre épuisé mais sous le charme de sa première
journée. Le lendemain matin, il ne se fait pas prier
pour filer chez Maïté Coiffure… Une vocation
est née au grand dam de beaucoup de ses proches.
Marie-Aude Murail nous propose une histoire fraîche, drôle
mais aussi grave. Même si elle use un peu trop de stéréotypes
liés à la coiffure et à la bourgeoisie
de province, elle décrit ses personnages avec brio, que
ce soit Louis l’ado nonchalant, puis l’ado décidé
et battant ; que ce soit aussi le père, notable provincial,
totalement imperméable aux demandes hurluberlues de son
fils ; ou encore la mère docile faisant de son mieux
pour protéger tout son petit monde ; la coiffeuse déprimée
et généreuse ; la patronne au passé trop
lourd…
Ce roman est une jolie claque aux préjugés. On
peut seulement regretter la fin un peu rapide, et sûrement
un peu trop belle.