Le
Pôle Express ? La rencontre entre un réalisateur
qui cultive ses rêves d'enfant (Qui veut la peau de Roger
Rabbit ? Retour vers le futur, etc.) et la 3D, nouvel Eldorado
du film d'animation.
S'il fallait absolument procéder à un classement
des réalisateurs par "genre", Robert Zemeckis
prendrait à coup sûr place aux côtés
de Lucas et Spielberg, ces autres grands enfants d'Hollywood,
toujours à la recherche du scénario ou de la réalisation
qui fera rêver le gamin naïf qui sommeille en eux.
Le Pôle Express participe manifestement de ce rêve
enfantin : créer un dessin animé doux, rond et
onirique, plein de bons sentiments et de cadeaux, d'amour et
de morale.
Le Pôle Express est ce train mythique qui se charge, chaque
nuit de Noël, d'emmener certains enfants jusqu'au Pôle
Nord, là où habite le Père Noël. Pourquoi
ces enfants-là plutôt que d'autres ? Parce que
ceux-là, justement, arrivent à l'instant charnière
de la vie où l'on s'interroge sur l'existence même
de ce gros bonhomme tout de rouge vêtu…
Le prétexte était là, ne restait plus à
Robert Zemeckis qu'à s'embarquer dans l'élaboration
d'un scénario et la coordination des animateurs (et des
logiciels 3D) qui allaient concrétiser son rêve.
Le résultat est sans surprise (ni bonne, ni mauvaise).
L'histoire est gentiment niaise et l'animation alterne la virtuosité
de certains effets et la démarche légèrement
saccadée des personnages. C'est qu'à vouloir jouer
la carte du réalisme (Tom Hanks prête par exemple
sa voix et ses traits au contrôleur du train), le réalisateur
et son équipe ont buté sur la difficulté
insurmontable (pour le moment) qui consiste à donner
une fluidité suffisante aux personnages humains !
Malgré ses défauts, le Pôle Express enchantera
certainement les jeunes enfants qui auront le plaisir d'être
confortés dans leur croyance. Les autres ne devraient
pas garder un souvenir impérissable d'un film qui reste
sagement dans les rails…