Une
belle histoire d'adolescents qui, en mêlant plusieurs
thèmes (l'amour, le handicap, la découverte de
l'autre), captive le lecteur jusqu'à la fin.
Bô aime tant se retrouver sur le toit d’un transformateur
au-dessus de la ville. Il aime tant cette tranquillité,
cette solitude, simplement accompagné de ses crayons
et de son carnet à dessin. Aussi, lorsqu ‘il y
arrive et qu’une superbe jeune fille agressive a squatté
l’endroit, il rentre dans une colère rare et l’expédie
loin de son "île".
Bô se sent mal, seul, et tellement différent. Effectivement,
sans appareillage, il est sourd et personne ne semble imaginer
ce qu’il supporte, ce qu’il endure pour exister.
Il fait l’école buissonnière, fuyant ses
professeurs, ses rares camarades, et se réfugie dans
la lecture et les histoires de mangas. Arrivé à
la bibliothèque, il tombe à nouveau sur Angéla,
la brune du transfo. Elle n’est pas seule, un "moustique"
est avec elle, teigneux et méchant. Bô s’interpose
puis enfin la bibliothécaire exclut le voyou et s’occupe
d’Angéla. Bô repart à sa lecture.
Plus tard, Bô et Angéla se retrouvent sur le transfo,
qui devient leur havre de paix. Le lendemain, Bô et Angéla
y découvrent ordures et graffitis injurieux : fous de
colère, de rage, de dégoût, ils décident
de tout laisser, de partir…
Sylvie Deshors ne propose pas là une simple histoire
d’ados qui se cherchent. Avec beaucoup de justesse, elle
explique la différence liée au handicap ("Je
suis sourd, mais les autres l’ont oublié…"),
la violence entre jeunes, les difficultés familiales,
tout comme elle raconte les connivences, les incompréhensions
et les amitiés entre les deux personnages.
Dès les premières pages, le lecteur est accroché
par cette histoire énergique et parfois violente. On
se demande ce qui se passe, pourquoi Bô, puis Angéla
semblent si révoltés, pourquoi ils décident
de fuguer. On veut comprendre !
Seul bémol, les descriptions un peu stéréotypées
des provinciaux, chez qui tout est beau, fin, généreux
et intelligent… Mais Le transfo, est sans aucun doute
à lire. C’est une belle histoire qui pose des questions
justes. Seule la fin est un peu légère et peut-être
trop "jolie" !