Le
stylo plume de Sophia, celui que sa grand-mère lui a offert,
a disparu. Jonathan est certain d’avoir vu Patricia (notre narratrice)
entrer dans la classe. Pourtant elle n’est jamais entrée
dans la classe, elle n’a jamais volé ce stylo…
Mais la rumeur va vite, d’autant que tout le monde sait que
le père de Patricia est en prison pour vol.
Bien sûr que le scénario est un peu caricatural : "les
chiens ne font pas des chats !" dit-on… Bien sûr
que cette histoire est un peu rapide et un peu trop rondement aboutie…
Bien sûr…
Mais cette histoire pose de bonnes questions sur la rumeur, les cancans,
l’innocence, et la présomption de celle-ci, les stéréotypes
et leur pouvoir. Et elle le fait avec une grande justesse, égratignant
les enfants, mais aussi les adultes, en particulier ceux qui devraient
toujours faire preuve de réflexion, d’intelligence, d’écoute
et de justice : les descriptions de Patricia accusée à
tort et empêtrée dans la confusion de ses émotions
est assez exceptionnelle, tout comme celle de l’instit "gros
malin" qui n’écoute pas ou plutôt qui n’entend
pas son élève. Il parle de justice, pense arbitrairement,
et agit comme un benêt !
La fin est cruelle, car même si le stylo est retrouvé…
la preuve de l’innocence de Patricia n’est pas faite.
Intéressant pour que d’autres rumeurs, d’autres
cancans tout aussi féroces s’installent, non ?