Vous
en rêviez, Nick Park et Steve Box (et les Américains
de DreamWorks) l’ont fait : le premier long-métrage
de Wallace et Gromit est dans les salles !
Wallace et Gromit sont uniques (si je puis dire). D’abord
parce qu’ils sont à l’origine d’une
inoubliable expérience personnelle qui, au hasard du
zapping mollasson d’un dimanche après-midi pluvieux,
m’a transformé en un quart de seconde en accro
irréductible aux inventions abracadabrantes de Wallace,
au flegme inaltérable de Gromit et aux courses-poursuites
endiablées qui ponctuent chacune de leurs (rares) aventures.
Ensuite parce qu’atteindre un tel niveau de notoriété
en moins de trois courts-métrages (Une grande excursion,
Un mauvais pantalon et Rasé de près) dont le dernier
a déjà dix ans (!) relève de ce que l’on
peut qualifier d’authentique exploit.
Enfin parce qu’après nous avoir fait patienter
aussi longtemps, ils sortent enfin un film de 1h25… et
que le résultat est aussi extraordinairement réussi
que dans les formats plus réduits !
Bien sûr, fin 2000, Nick Park et les studios Aardman (déjà
épaulés par le DreamWorks de Steven Spielberg)
nous avaient offert un Chicken run parfait, mais nos deux héros
préférés ne faisaient pas partie de l’aventure…
Tout cela est oublié aujourd’hui puisque Le mystère
du lapin-garou est arrivé, non sans mal comme l’explique
Nick Park : "Ce long-métrage revient à bâtir
la Muraille de Chine avec des allumettes ! Il a fallu cinq ans
d'efforts ininterrompus, parce que chaque détail compte,
y compris les plus minuscules. Je pense toutefois que le défi
majeur fut d'inventer l'intrigue qui nous permettrait de tripler
la durée du film".
Et c’est vrai qu’elle est belle cette intrigue qui
met en scène un lapin-garou friand, non de chair humaine,
mais de bons légumes bien frais ! Pour ce premier film
d'horreur végétarien de l'histoire du cinéma,
Wallace et Gromit se voient donc confier la mission de mettre
fin aux exactions de ce monstre des potagers…
Scénario irréprochable, incroyable profusion de
détails, références multiples au cinéma
de genre, ressorts comiques irrésistibles… et interminable
course-poursuite : rien ne manque à ce nouveau volet
des aventures de Wallace et Gromit tout à fait digne
de ses prédécesseurs. Alors un conseil, si vous
tenez à vos carottes et à vos citrouilles, précipitez-vous
dans les salles obscures sans attendre la pleine lune !