Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Stéphane Carn
Gallimard Jeunesse - 221 pages
À
Medellin, en Colombie, dans un quartier pauvre, vivent Sonny, le petit
gringalet, et Alberto, son voisin costaud et protecteur de toujours.
Tous deux sont fans de foot et supporters de l’équipe
de la ville : le Nacional. Et leur seul espoir dans la vie est d’assister
à un de leurs matchs.
Alberto et Sonny passent leur journée entre l’école,
leur planque sur le toit de leur immeuble, et chez eux où les
parents sont souvent absents à cause de leur travail. Ils grandissent
dans la misère, dans une ville qui vit au rythme des coups
de feu régulant les règlements de compte entre bandes
rivales.
Alberto pour aider sa famille a trouvé un petit travail de
revendeur de cigarettes auprès d’une petite frappe de
leur quartier. Il se fera repérer par un caïd plus important
suite à un accès de fureur.
Il va donc abandonner Sonny à son sort, mais celui-ci va avoir
du mal à vivre au milieu de ce chaos sans son ami de toujours,
et va donc tout faire pour suivre les traces de son ami.
Mais Alberto a un poste important : il est tueur à gages. Du
fait de son jeune âge, il est peu inquiété par
la police. Grâce à son nouveau salaire, il peut enfin
faire vivre dignement sa famille, et peut amener son ami de toujours
voir le match dont ils ont toujours rêvé. Mais le soir
du match, tout bascule.
C’est un récit assez dur que celui raconté par
Sonny, dans cette vraie Colombie où les armes rythment la vie
de tout un chacun.
Le point de vue de Sonny est bien celui d’un adolescent qui
cherche à comprendre les règles du jeu de cette vie
d’adultes, où la violence est le seul chemin pour la
dignité.
Sonny ayant perdu son père trop tôt, et n’ayant
comme image du père qu’un oncle alcoolique et sans travail,
va se sentir perdu en voyant s’éloigner son ami et avec
lui le peu de stabilité dont il avait besoin.
L’auteur, par le biais de son héros, venge tous les jeunes
garçons embrigadés contre leur gré dans ces spirales
de violence. Il nous est dit d’ailleurs, à la fin, que
l’histoire de Sonny est basée sur des faits réels.
Et cette réalité qui dépasse la fiction fait
froid dans le dos.