EXIT/
FESTIVAL INTERNATIONAL
Maison des Arts de Créteil
Créteil - Du 30 mars au 9 avril 2005
Entre
futur recomposé et futur à composer, Exit mêle
innovation et invention. Les artistes "inventeurs"
établissent des passerelles entre art et science, ils
voyagent de la Renaissance au XXIIe siècle en combinant
poésie, ingéniosité et high technologie.
C’est ce grand écart entre un artisanat débridé
(dès l’entrée de l’expo, vous êtes
invités à placer sur vos épaules une machine
"tapoteuse d’épaule" de Brad Hwang, rouages
d’horloges et gant, qui vous réconfortera pendant
le parcours, et que vous pouvez aussi proposer à un autre
visiteur), et des processus artistiques aventureux et exigeants
qui fait d’Exit, année après année,
une des scènes ouvertes de création des plus passionnantes.
Harnaché de la main tapoteuse, le parcours s’enclenche
à travers les salles et les sous-sol de la maison des
Arts de Créteil. Le lieu même, obscur, labyrinthique,
parfois comme désaffecté, crée une atmosphère
inquiétante, surnaturelle.
Au gré de l'expédition nous découvrons
Dog [LAB] : France Cadet enferme dans des cages de verre une
meute hybride de robots génétiquement modifiés,
manipulations alarmantes entre le chien, le chat, la vache et
le Aibo de Sony. Puis nous nous faisons nous même enfermer
dans l’environnement créé par les artistes
japonais Mikami et Ichikawa, où les mouvements sont transformés
en sons, lumières et images géométriques
qui dessinent un paysage de courbes chaotiques et cosmiques.
Une autre installation, celle du collectif Time’s up,
engage la totalité du corps : le spectateur est au centre
de l’action, sur une plate-forme hydraulique mobile, sorte
d’araignée habillée en vérins et
métal, et dont les saccades font évoluer les lumières
et les sons sur la piste centrale.
On découvrira aussi le bricolage musical et lumineux
de Le Junter, avec ses constructions à la Léonard
de Vinci, bois et vent, herbes sèches et rouages sans
fin, mécaniques poétiques et antiques ; l’expérimentation
infinie du Mandalamat, traceur de mandalas sonores, de Christian
Günther, et aussi des sculptures cinétiques, des
installations génératives, des bricolages fous.
C’est en contemplant les dessins de Karl Hans Janke, le
seul défunt de cette exposition, que l’on prend
conscience du vertige de cette création décalée,
qui fait acte d’inventions autant dans le contenu des
œuvres qu’à travers l’élaboration
des outils d’expressions nécessaires à la
création de ces œuvres. Karl Hans Janke passera
les quarante dernières années de sa vie en hôpital
psychiatrique où il produira plus de 2500 dessins, croquis
et maquettes de machines destinées aux voyages spatiaux
les plus sidérants et sidéraux.