EXIT/ FESTIVAL
INTERNATIONAL
Maison des Arts de Créteil
Créteil - Du 24 mars au 2 avril 2006
Exit,
le premier rendez-vous du printemps, le Festival qui fait sortir de
chez soi, de ses habitudes et de ses certitudes. Exit, là où
les artistes inventent et où les chercheurs font de l’art.
Pour Exit 2006, les lumières parlent, le son est lumineux et
le parcours dans la Maison des Arts est, comme chaque année,
une succession de découvertes et d’expériences.
A Fleur de Peau, de Lynn Pook propose la pénétration
du son dans la chair, grâce à une multitude de diffuseurs
installés directement sur la peau. Isolés de l’extérieur,
hérissés de fils, nous nous mutons en récepteur
organique et découvrons de nouveaux champs de perception.
Burton, Lakatos et Roy nous invite quant à eux à une
promenade dans un champ de lampes, Condemned Bulbs, dont les filaments
en variant d’intensité produisent une mélodie
grinçante et crépitante. Une installation sensible et
esthétique qui nous fait regarder nos lampes d’un autre
œil.
Nous découvrirons aussi que les programmes informatiques geignent
- la plainte du virus informatique, un monde insoupçonné
! -, que nos lecteurs de CD, nos radios, appareils électroménagers
ont tous quelque chose à dire, qu’ils sont, éteints,
toujours animés. Armés d’une sonde et d’un
casque, nous pouvons partir à la recherche de leurs ondes magnétiques,
nous transformer en explorateur de nouvelles formes d’existence
et d’expression (Investigations de SEBASTIEN NOEL@TROIKA).
Si vous préférez mettre votre tête dans le tambour
d’une machine à laver, propulser votre cri dans ses entrailles
et mixer ensuite votre voix en jouant avec les boutons de programme
- laine, synthétique, prélavage etc... - c’est
possible, et c’est drôle.
Si vous voulez jouer à cache-cache avec votre voix, vous perdre
en la suivant, vous entrerez alors dans Time Lag Accumulator II de
Terry Riley, labyrinthe minimaliste qui déconstruit les notions
de temps et d’apparence.
Mais c’est sans doute dans les entrailles de la Maison des Arts
que se cache l’expérience la plus déroutante :
Ondulation. Thomas McIntosh, assisté d’Emmanuel Madan
et de Mikko Hynninen, investit la matière de l’eau et
y inscrit ses mélodies. Comme une pellicule, l’eau s’étend
sur un bassin rectangulaire. Des haut-parleurs immergés sous
sa surface diffusent des sons. C’est alors que la magie survient
: les sons agitent l’eau en suivant une partition rythmique
qui se projette sur les murs blancs autour du bassin. La réflexion
de la lumière sur la peau ridée et agitée de
l’eau se déploie à l’infini, en motifs organiques,
spirales légères, courbes et crêtes souples, ondulations
colorées.
Exit confirme sa place de tribune à tous ces savants fous,
mi-artistes, mi-bricoleurs de génie, dont les œuvres échappent
à toute tentative d'étiquetage. Le Festival se plait
à explorer les interstices entre les mondes tangibles, et cela
nous plait.