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GAUGUIN - TAHITI
L’ATELIER DES TROPIQUES

Galeries nationales du Grand Palais

Du 30 septembre 2003
au 19 janvier 2004
Très belle exposition pour découvrir les principales œuvres du peintre, liées à ses expériences polynésiennes ainsi que les diverses sources auxquelles il a puisé son inspiration.


Le 1er avril 1891, Paul Gauguin, muni d’une lettre de mission du Ministère de la Culture, quitte Marseille pour Tahiti. Il emporte avec lui de nombreuses photographies prises par ceux qui l’ont précédé dans ce voyage, comme "tout un petit monde de camarades" qui l’accompagneront durant son périple. Photographies dont il s’inspirera parfois pour un tableau ou une esquisse… S’il abandonne ainsi Paris et la folle course après l’argent qui caractérise la vie des artistes dans la capitale, c’est animé d’une volonté "rousseauiste" de renouer avec "l’état de nature" : la sérénité de l’esprit au sein de paysages paradisiaques favorisant la créativité. Gauguin rêve d’un tel "atelier des tropiques", regroupant plusieurs artistes, depuis sa rencontre avec Vincent Van Gogh et leur collaboration à Arles, dans le cadre de ce qu’ils avaient déjà appelé "l’atelier du Midi".

Cette première expérience prend fin le 30 août 1893, date du retour en France de Gauguin. Devant l’insuccès rencontré par les œuvres qu’il ramène, tant auprès de la critique que du public, le peintre se lance dans la réalisation d’un livre, Noa Noa (qui signifie parfumé), regroupant des notes, dessins, aquarelles inspirés par son vécu tahitien. Le 3 juillet 1985, Gauguin repart vers la Polynésie et s’installe finalement aux Iles Marquises où il s’éteint le 8 mai 1903.

L’exposition qui se tient actuellement au Grand Palais rassemble de nombreuses œuvres de l’artiste réalisées pendant ces années polynésiennes ou inspirées de cette expérience. Il s’agit non seulement de toiles, mais également de sculptures, de gravures, de nombreux objets en bois, de dessins, d’aquarelles ou de textes extraits de Noa Noa et d’un cahier de notes dédié à sa fille. Elle a également le mérite de présenter au public les diverses sources auxquelles Gauguin a puisé son inspiration : des tiki, des échasses, des pendants d’oreille et divers objets provenant des départements d’ethnologies de plusieurs musées de l’homme, des photographies de Georges Spitz, d’Henri Lemasson, de Paul-Emile Miot, des reproductions d’estampes japonaises, de sculptures javanaises, de fresques égyptiennes ou de reliefs du Parthénon qui ornaient la case du peintre.

Comme toutes les manifestations d’envergure organisées au Grand Palais, cette exposition est incontournable, pour les amateurs éclairés comme pour le grand public. Toutes les toiles et les objets divers sont mis en valeur, bien éclairés et forment une rétrospective très complète du sujet traité. Les commentaires qui figurent sur les murs des différentes salles ou ceux diffusés par l’audio-guide sont intéressants sans donner dans l’ésotérisme : ils restent, là encore, très accessibles à tous. Seul bémol à cet éloge : la foule, qui rend assez lente la progression devant les œuvres et assez fatigante la visite complète. Si les entrées sur réservation ne permettent malheureusement pas de pallier cet inconvénient, elles sont cependant nécessaires pour éviter la longue attente devant les caisses…


Anne-Sophie Mehl
© Jowebzine.com - Novembre 2003
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