Espace Beaurepaire
28, rue Beaurepaire
75010 Paris
Jusqu'au 5 février 2006
Du
25 janvier au 5 février, l’Espace Beaurepaire expose
la nouvelle sélection des jeunes photographes de Paris Photographique.
L’occasion de revenir sur cette structure atypique qui fait
la part belle à une jeune génération ambitieuse
autant que talentueuse.
En 2004, Neil Atherton rentre de New York et s’installe à
Paris avec une valise bourrée de photos, clichés mitraillés
de la Grosse Pomme. Il fait alors la tournée des galeries parisiennes,
certain de la qualité de son travail, et bute sur deux os,
l’un et l’autre très liés. Le premier :
son travail n’intéresse pas grand monde. Le second :
il n’existe pas dans la ville de Doisneau et consort, de structure
pour accueillir les planches des jeunes photographes. Neil Atherton
rentre alors dans la brèche et bâtit la pièce
manquante : Paris Photographique.
Au départ, il s’agit d’une exposition unique, baptisée
Pro/Am. Atherton y présente ses photos ainsi qu’une sélection
d’autres artistes, dix jours durant, à l’Espace
Beaurepaire, galerie associative du dixième arrondissement.
Et ça marche. Le public se presse mais pas seulement lui. Plusieurs
photographes commencent à s’intéresser à
cette nouvelle possibilité de se montrer : peu de frais, pas
de pourcentage et une liberté de ton unique à Paris.
Rapidement, Paris Photographique croule sous la demande et Neil Atherton
y répond en décidant d’un accrochage tous les
deux mois.
Commencé en janvier 2005, Paris Photographique présente,
depuis le 25 janvier, sa sixième édition : Ext. &
Int. En affiche, une image plutôt parfaite d’Esther Martinez
Rey, sorte d’encagement d’un extérieur urbain dans
la baie vitrée d’un appartement moderne. C’est
une assez bonne icône des travaux exposés cette quinzaine
: 15 photographes, venant d’horizons totalement différents
- voyages en panoramique, naturalisme un peu niais, Paris de la nuit
volontairement flou, numérique en abondance, argentiques luxueux
- se montrent dans un épais mélange d’ardeurs.
On notera particulièrement les travaux de Paul Hulewicz, portraits
chromatiques de Londres et de Paris ; de Jérôme Lorieau,
et ses noirs et blancs charbonneux ; de Thomas Demynter, illustrations
de personnages de roman ; de Jérémie Buchholtz et ses
paysages subsahariens où s’enlisent les Peugeot ; enfin,
d’Arnold Gendron, harmonieux travail de tirage noir et blanc
sur des paysages américains.
Il y a de tout chez Neil Atherton, et principalement de la qualité
de sélection. On regrettera le peu de temps laissé à
l’exposition elle-même, seulement dix jours. Mais c’est
un événement à suivre et à attendre.