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     eXPoS
 
LOS ANGELES 1955-1985
Centre Pompidou - Paris

Jusqu’au 17 juillet 2006
Les anges ont un sexe. Et il est masculin. La copieuse exposition Los Angeles au Centre Pompidou fait la part belle aux hommes et parque les femmes dans une seule salle. Pourtant…


Los Angeles, les années 70… Date et lieu de naissance pour les féministes de l’art comme mutation politique et personnelle. Le spectateur devra se contenter de la part congrue offerte aux femmes, et pourra se délecter du documentaire sur l’exposition, Womanhouse, où vingt-quatre femmes aménagent une maison à Los Angeles, transformant ainsi l’espace domestique en espace d’exposition, et de The Dinner Party, vaste installation ayant pour sujet le rapport esthétique et idéologique entre histoire de l’art et histoire des femmes.

L’histoire de l’art au masculin, quant à elle, tentaculaire et excentrique, trouve en Los Angeles une capitale propre à faire exploser une dizaine de courants artistiques et des recherches menées à une cadence infernale, qui balaient l’art conceptuel, le Pop art, l’assemblage, les performances, la vidéo, le L.A. Look, le minimalisme, l’art contestataire… Trois cent cinquante œuvres sont à traverser, à arpenter, à découvrir, dans une scénographie tendue et exigeante, où l’effervescence, les contrastes et les expérimentations restaurent l’énergie de la mégalopole et de ses acteurs.

Des œufs à peine éclos de Kenneth Price, céramique fendue d’où s’échappent des formes rampantes, aux invitations à la conquête de l’espace dans l’éblouissement des toiles blanches bordées de couleurs de Sam Francis, à la dilution des corps en particules de lumière intemporelles dans le bleu de Turrel, à l’écrasement de viscères imaginées, suintant un sang de ketchup entre un mille-feuille de plaques de verres agencées par Paul McCarthy, aux performances violentes de Chris Burden que l’on imagine mort après chacune d’entre elles, aux murs de pains de glace qui entourent et structurent les Fluids d’Allan Kaprow, jusqu’aux photos de John Divola, ces portes fracassées qui sont autant d’invitations aux viols des conventions, une nouvelle ville se construit, pose œuvres après œuvres, idées après idées, les murs et les routes de sa représentation.

À l’ombre des studios hollywoodiens, entre la sortie d’Easy Rider de Dennis Hopper (1969) et celle de Blade Runner de Ridley Scott (1982), la production plastique made in Los Angeles peut se voir comme une exploration qui se tendrait entre ces deux points.


Perrine Le Querrec
© Jowebzine.com - Juin 2006
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