Du 22/09/02 au 06/01/03
Galeries Nationales
du Grand Palais à Paris
"On
vient davoir lidée la plus rare et la plus imprévue,
celle de réunir dans une même exposition les deux maîtres
les plus fameux et qui représentent les deux tendances opposées
de lart contemporain. On a deviné quil sagit
dHenri Matisse et de Pablo Picasso".
Ces phrases, écrites par Guillaume Apollinaire en 1918 pour
la première exposition conjointe de Matisse et de Picasso,
sont à nouveau dactualité depuis le 22 septembre
2002. Elles reflètent aussi complètement lattitude
que lon peut avoir lorsque que lon se rend à cette
exposition.
En effet, de mémoire pour chacun, les uvres de Picasso
et Matisse nont de commun que leur époque (ils se sont
fréquentés entre 1905 et 1954). Picasso nous évoque
le cubisme, les formes brisées, les collages dont il a le secret
pour montrer les choses ou les personnes comme on na pas lhabitude
de les voir (je pense particulièrement au Minotaure peint en
1928 ou au Nu au fauteuil rouge peint en 1939) lorsque Matisse nous
envoûte par les courbes et son bleu si connu (et là,
je pense surtout à la série Nu bleu débutée
en 1952).
Rien de tel donc, que cette exposition pour nous remettre les idées
en place. Un samedi en fin daprès-midi, après
une attente de trois quart dheure sous le parapluie, nous nous
retrouvons dans la salle 1, devant le portrait des maîtres du
pinceau. Et tout de suite on comprend limportance de cette exposition
: (re)découvrir deux artistes qui ont bouleversé lidée
que lon se faisait de lart au début du XXe siècle.
Ils ont ouvert les portes de lart contemporain (cubisme, art
abstrait ) et chacun la fait a sa manière.
Quatorze salles lexpliquent et, au fur et à mesure, se
déroule devant nos yeux la confrontation de Matisse et de Picasso.
Chaque salle évoque un thème ou une période et
lon peut suivre de cette façon lévolution
des deux peintres au fil des années.
Lart se savoure et lon sort de cette exposition les yeux
remplis de couleurs, le cur de sentiments ressentis face à
ces uvres et le pas léger car, malgré la foule,
on ne piétine pas, on ne se bouscule pas et la fluidité
de la visite nous fait oublier que lon est resté plus
dune heure et demie à admirer les tableaux de ces géants.
Et pourtant, il faut rouvrir son parapluie car le (mauvais) temps,
lui, ne sest pas arrêté...