Le
road trip mené tambour battant par les auteurs des Murs de
l’Atlantique propose, en six villes et 350 photos, une immersion
au cœur des graffitis.
Jamais les murs de Brest, Rennes, Nantes, Niort, La Rochelle et Bordeaux
n’avaient été si bavards : logorrhée visuelle
que l’on découvre stupéfait, devant l’abondance
et la diversité des productions et des styles. Des murs qui
crient, des murs qui chantent, d’autres qui militent, insultent,
règlent des comptes, d’autres encore qui aguichent ou
débordent d’humour, les crews et graffeurs qui sillonnent
leur ville - ses friches, ses voies ferrées, périph,
usines désaffectées - bombes à la main, ont la
langue bien pendue.
Prise de plaisir, de risques, de parole, prise de possession d’un
espace urbain oublié, mais aussi langue à part entière
que seuls les initiés peuvent décoder, le graffiti apparaît
comme un condensé d’énergie et de liberté.
Accueillies par certains comme une pollution visuelle, par d’autres
comme une marque d’esthétisme urbain, ces déclarations
hautes en couleurs, qui s’écrasent et courent sur les
murs en mots, dessins, formes géométriques et références
communes prennent, ainsi regroupées dans cet album, une dimension
spectaculaire.
Le plus souvent exécuté dans des milieux urbains désaffectés,
le graffiti transforme l’abandonné en vivant, restitue
parole et expression à ce qui était voué à
l’oubli. Les styles, vifs, élaborés, urgents,
témoignent d’une activité urbaine intense, d’échanges
d’énergie et d’engagements, qui trouvent sur les
murs des villes un support d’expression idéal.