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PSY[K]E
Off the Wall
Affiches de San Franscisco, 1966-1969

Musée de la Publicité
107, rue de Rivoli
75001 Paris

Jusqu'au 27 mars 2005
Au Musée de la Publicité, à Paris, une exposition retrace l'explosion de l'art psychédélique des années 60, en Californie, au travers d'affiches de concerts de rock.


"Nourris ta tête, nourris ta tête". (The Jefferson Airplane)

Le Musée de la Publicité propose une exposition inédite en France : 150 affiches psychédéliques des années 1966-1969. Crées en Californie, à San Francisco, ces affiches illustrent de façon spectaculaire et esthétique une contre-culture émergente et qui va s’imposer comme la seule forme d’expression dans laquelle se reconnaît la majorité des jeunes.

Cette contre-culture se nourrit de rock et de drogues hallucinogènes ; elle prône l’égalité des droits civiques, l’écologie, la lutte contre la guerre du Vietnam. Pour les artistes, les premières occasions de créations sont les affiches de concerts de rock : c’est ainsi qu’apparaissent sur les murs de San Francisco ces débordements délirants d’idées et de distorsions graphiques, comme une attaque pacifique mais directe contre le conformisme gris de la société.

Le gris n’existe pas dans le graphisme inventé par ces artistes. Ils usent de couleurs vibrantes, cinétiques, et d’un répertoire de formes issu des théories de la couleur et des effets d’optiques de Joseph Albers, ancien membre du Bauhaus, de l’Op Art naissant, et aussi du Jugendstijl (Gustave Klimt, Alfred Roller…).



La prise de LSD les entraîne de l’autre côté du miroir, et nous voyageons à la suite de Wes Wilson, de Bonnie Mac Lean (seule femme artiste de ce mouvement), de Victor Moscoco et des autres dans un univers imaginaire peuplé de lettres déformées, de distorsions, de stylisations, de visions kaléïdoscopiques. Les "mandalas" incandescents de Moscoso, les masses de lettres vivantes de Wilson, le motif récurrent de la femme, qui incarne la liberté sexuelle et la sensualité et que Bonnie Mac Lean met particulièrement en valeur, sont autant de résonances aux sons des Grateful Dead, des Doors, des Quick Silver, du Velvet Underground, de tous ces groupes qui inventent un nouveau langage, une nouvelle société.

Le terme psychédélique a été utilisé la première fois par le psychiatre Humphrey Osmond pour qualifier les actions que les drogues hallucinogènes produisent sur la conscience en modifiant les sensations visuelles et auditives : l’exposition propose quelques vidéos de concerts, mais aussi une vidéo d’expériences "au-delà du réel" sous le patronage des Grateful Dead, qui laisse coît les visiteurs si gris de cette exposition.

Il est en effet très étonnant de voir ces longues files de visiteurs silencieux ou parlant à voix basse, dans cette exposition dont la mise en scène manque effectivement de fantaisie, bien loin des hallucinations psycho-sensorielles de l’époque !


Perrine Le Querrec
© Jowebzine.com - Janvier 2005
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