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TRANSLATION
Palais de Tokyo
Site de Création Contemporaine

13, avenue du Président Wilson
75116 Paris

23 juin - 18 septembre 2005
Ouvert de midi à minuit
tous les jours sauf le lundi
Le Palais de Tokyo propose une nouvelle forme d’exposition, un accrochage inédit qui brouille les habitudes de lecture des œuvres : le Palais emprunte à un collectionneur, Dakis Joannou, une partie de sa collection, puis le Palais demande aux graphistes M/M de la mettre en scène. Translation se pose comme un concept qui définirait "l’altermodernisme" c'est-à-dire "une résistance à l’uniformisation des cultures et à la standardisation de l’économie mondiale".

Or le contexte graphique proposé par les très talentueux M/M agit comme un réseau arachnéen, qui emprisonne les œuvres dans sa toile, plutôt qu’il ne les libère. Dans cette mise en scène, mise en abîme, tout est finalement écrasé par l’abondance M/M. Seules ressortent les œuvres fortes. Alors la lecture à travers le prisme du graphisme M/M, qui joue sur la persistance rétinienne, le collage, le fondu enchaîné, offre un écrin particulièrement novateur aux oeuvres.

Ainsi, la pièce de Cai Guo-Qiang : The Dragon Has Arrived, immense vaisseau de bois flottant, tous réacteurs-drapeaux allumés, entre les murs noirs des M/M prend une ampleur bouleversante. De même, la triple juxtaposition de l’installation de Naris Ward et de l’œuvre de Christopher Wool au cœur des écritures libérées de M/M atteint son but, celui de faire résonner les œuvres entre elles, d’apporter un supplément d’âme.

Mais il arrive, comme pour la pièce de Vanessa Beecroft, que la redondance tourne à l’illustration basique, à la limite du ridicule, et desserve l’œuvre.

Translation peut se traduire par "déplacement, écart" et en anglais par "traduction". Etymologiquement, Translation signifie aussi le transport de l’âme d’un homme dans un autre corps.

M/M, s’ils se défendent d’apporter une interprétation à l’œuvre, imprègnent cependant fortement et l’architecture du Palais, dont ils ont réorganisé l’espace, et la vision des œuvres.

Alors autant laisser à l’entrée son sac de questions (Que nous donne t’on à voir ? le Palais de Tokyo écrit par M/M ? la collection Joannou mise en scène par M/M ? les œuvres de M/M se répondant dans un même espace ? Comment le collectionneur perçoit-il cette mise en scène ? "L’opéra visuel" souhaité par les commissaires d’exposition est-il cacophonique ou harmonieux ?) et se prendre au jeu, devenir araignée, suivre les fils du trait de M/M et parcourir les volumes de l’exposition pour se régaler des proies emprisonnées.


Perrine Le Querrec
© Jowebzine.com - Juin 2005
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