Untitled Document
 

     BiLLeTS d'HuMeuR
 
LES CELIBATAIRES
Billet d'humeur du 8 avril 2003
LE CELIBATAIRE, MARCHE LUCRATIF
A la télévision, au cinéma, au travers des clubs de rencontre ou des "branchés" speed dating, tous les moyens sont bons pour exploiter le filon...


Vous avez sans doute tous aperçu dans cette étrange boîte à images (la télé) les nombreuses émissions débattant à leur manière du sujet : de la pseudo-émission grand public C’est mon choix à la pseudo-émission "sociétale" Ça se discute, en passant par les ultra-culturels Thema d’Arte. Les invités de C’est mon choix n’ont certes rien avoir avec ceux de Ça se discute, mais les producteurs n’en finissent pas de vouloir traiter ce sujet comme un fait de société, comme le dirait Marielle Fournier dans son émission Demain tous, Spécial célibataire.

Tous ces pauvres gens viennent étaler leur vie de célibat, parfois choisi, plus souvent contraint, mais notre société est tellement sectaire que ces célibataires sont obligés d’en faire un style de vie, certains s’en vantant même. Ainsi les médias exploitent jusqu’à plus soif le gisement, en tournant le sujet dans tous les sens, sans jamais faire avancer le débat !

Cinématographiquement parlant, le filon est moins abrutissant et apparaît comme une nouvelle vague, telle la reprise des séries TV cultes en long-métrage. Si je vous parle d’une trentenaire qui décide de tout mettre en œuvre pour trouver un homme (Le journal de Bridget Jones), d’une autre trentenaire qui ne tombe que sur des hommes "minables" et essaye une relation lesbienne (La tentation de Jessica), d’un trentenaire qui drague des mères célibataires et se retrouve copain avec un jeune garçon (Pour un garçon) ou encore d’un jeune homme restant un peu tardivement chez ses parents (Tanguy)... Nous n’avons pas fini d’en voir des films, bouquins et autres activités "cérébrales" où l’on mettra en scène nos très chers célibataires...

Mais le célibat, plus qu’un axe de développement cinématographique, s’exploite très bien, notamment sur un autre thème beaucoup plus fédérateur : la rencontre. Le marché de la rencontre amoureuse est faramineux. Ne pensez pas de suite aux agences matrimoniales ! Aucun trentenaire n’irait de son propre chef dans ce type d’organisation, par pure dignité, en se disant qu’il n’en est pas à ce point-là ! Il va rechercher la technique "tendance" et "branchée" : Internet. Si la renommée des forums de discussion n’est plus à faire (pour la plupart devenus forum de rencontres), la nouvelle mode, en provenance directe des Etats-Unis (d’Abrutis), arrive en France sous le nom de "speed dating", un concept simpliste : en sept minutes, vous rencontrez, dans un cadre neutre (un café branché), sept personnes, généralement dans une tranche d’âge qui vous correspond. Et là, je crois que l’on a touché le fond, car on ne peut pas faire plus sordide. Le célibataire est traité comme une vache à lait, et stupide par dessus le marché.

À noter cependant, parmi les rares aspects positifs de notre époque, le fait que de moins en moins de personnes vous font subtilement remarquer, vous voyant arriver seul à une soirée ou cérémonie : "Ah, vous êtes célibataire, mais voyons, à votre âge, il faudrait peut-être songer à vous installer...". Vous n’aurez donc plus à répondre sur un ton agacé "De quoi je me mêle ?".

Finalement, stupéfait par la dérive télévisuelle, amusé par les nouvelles directions cinématographiques, attristé par l’exploitation commerciale du moment magique de la rencontre mais excité par ma vie de célibataire, je me devais d’en parler, au moins pour essayer de rassurer ceux qui vivent mal leur célibat !


Dinesh Singh, célibataire pas endurci !
© Jowebzine.com - Avril 2003
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés