LES
INROCK - SO FOOT
Billet d'humeur du 2 juin 2004
Quand
un intello rencontre un autre intello, qu’est-ce qu’y
s’racontent ? des histoires de... foot.
Après l’échec d’Adidas dans sa tentative
de fusion Les Echos - L’Equipe, après le fiasco
de Nike dans son projet d’hebdo Télérama
- France Football, après le ratage de l’OPA Coq
Sportif - Courrier International sur Loto Foot, c’est
finalement Puma qui a réussi à associer deux titre
antinomiques de la presse, le temps d’un numéro.
Etonnant ? Pas tant que ça. Car à la réflexion,
la distance entre Les Inrocks et So Foot n’est finalement
pas si grande. Et leurs lectorats certainement en partie communs.
(C’est pareil pour Les Echos et L’Equipe, vous me
direz, mais bon...). Non, ce qui est intéressant dans
la démarche, c’est ce besoin qu’a une certaine
frange d’intellectuels de rendre légitime son attirance
pour ce sport de "beaufs" en le transformant en un
"passionnant prisme d’analyse de notre société"
(sic). C’est drôle et triste à la fois .
Un peu comme ceux (souvent les mêmes) qui vont disserter
autour de la démarche artistique dans les films pornos,
histoire de justifier leur onanique consommation (d’ailleurs
on trouvait déjà Les Inrockuptibles sur ce dernier
thème, il y a quelques mois).
Mais revenons à notre ballon rond et défaisons
le petit lacet bleu (Puma) qui ceint l’ouvrage dont il
est aujourd’hui question : à l’intérieur
de la pochette, il y a un CD et un magazine. Sous le signe incontournable
du Puma bondissant qui orne chaque coin et s’accapare
une bonne dizaine de pages entières (Cruyff en Puma,
Giuly en Puma, Pires en Puma, Tomas Winter et Bogue en Puma,
Demon en Puma, The Clones en Puma, ta mère en Puma...),
c’est sur un principe de faces à faces producteurs
de culture - producteurs de jeu (si tant est que Jamel Debbouze,
Moustic ou Mickey 3D produisent bien de la culture, mais c’est
là un autre sujet) que s’organise le sommaire autour
des estampilles Entretien, Réflexion, Libre, Rencontre.
Un ridicule poème de Jean-Louis Murat à Thierry
Henry, Beauvallet nostalgique de son album Panini 1977, Jules-Edouard
Moustic et le poste de milieu inoffensif, un blind-test rap
à Govou et Luyindula, Mickey 3D meets Johnny Rep, Dionysos
meets Hidalgo, Kool Shen meets Rui Barros, Cohn-Bendit déglingue
la Mannschafft... et pour finir bien culturel, Buren (oui-oui,
celui des colonnes) nous présente son projet inabouti
de re-calibrage à 8,7 cm des rayures du maillot de la
Juve (dessins à l’appui). Au final, ça sonne
presque aussi creux qu’un France-Football de trève
hivernale, mais en nettement plus cérébral. A
part l’interview de Pires... mais lui, il a une excuse
: il est footballeur.
PS : Le CD exclusif (2 titres signés
Héléna Noguerra et Philippe Katerine) est lui
par contre exceptionnel ! Faux hymne officiel et véritable
hymne officieux, Euro 04 est un véritable bijou d’humour
et de sensualité. Et Calmos un hilarant exercice à
base de délirants hululements à la Eugène
Saccomano. Génial !