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     BiLLeTS d'HuMeuR
 
LA POLITIQUE COMMERCIALE (!)
DES MAJORS

Billet d'humeur du 4 mars 2003
Y-a-t-il quelqu’un dans l’assistance qui soit capable de m’expliquer la politique commerciale suicidaire (ou cynique) des "Majors Companies" chargées de diffuser le matériel discographique dont se repaissent des millions de "djeunes" (et moins "djeunes", d’ailleurs) de notre beau pays ? Car enfin, il doit bien y avoir une finalité (commerciale, vraisemblablement) aux pratiques incompréhensibles pour le commun des mortels que je m’en vais vous décrire maintenant.

Première source d’étonnement pour l’habitué des rayons abondamment fournis des grandes surfaces culturelles : la fluctuation erratique du prix du CD. À l’instar de matières premières sujettes aux aléas climatiques, les albums de nos musiciens préférés subissent des hausses et des baisses aussi importantes que totalement imprévisibles. Tel album vendu 21 euros depuis des temps immémoriaux va se retrouver labellisé "Nouveauté" à 16 euros sans que rien ne vienne justifier cette baisse soudaine, et surtout pas sa supposée fraîcheur vieille de six mois ! À l’inverse, tel autre album en promotion à 9 euros se verra, sans préavis, réétiqueté à 20 euros du jour au lendemain alors que rien dans son aspect n’a changé le moins du monde (j’ai scrupuleusement vérifié). Juste une question, du coup : elle est où la vérité des prix entre ces deux extrêmes ? Et surtout, elle tombe dans la poche de qui la différence entre ces deux « cours » : celle de la maison de disque, celle du distributeur ou celle de l’artiste ? Remarquez, j’ai ma petite idée...

L’autre phénomène, assez récent, qui a le don de me mettre les nerfs en pelote, c’est celui que je baptiserai de "prime aux suiveurs". Le principe, en deux temps, est simple :
1. on sort un disque (normal, 12 chansons, un livret et roulez jeunesse), on le vend tant bien que mal ; souvent bien, les ventes sont bonnes en France,
2. quand les curieux, les découvreurs et les fans se sont rué, ont acheté le disque, l’ont soutenu, ont permis son passage en radio... la maison de disque sort une réédition avec package luxueux et CD collector remplis d’inédits !
Résultat : le fan a l’impression persistante de s’être fait copieusement roulé dans la farine. Deux solutions pour lui : acheter le nouveau CD pour le "bonus" ou se contenter d’avoir les "boules" en bavant devant les acheteurs de la dernière heure (comme il y a eu des Résistants de la dernière heure) récompensés de leur attentisme et de leur absence de curiosité initiale. Inconséquence des Majors ou pari cynique sur la fidélité du fan ? Humm, là aussi j’ai ma petite idée...

Enfin, actuellement à l’œuvre dans les rayons, les opérations "Moins cher maintenant" qui est une variante de la "prime au suiveur" décrite plus haut. Là, pas de trucs en plus, mais de la dépense en moins. Le nom exact de cette politique commerciale en forme de "foutage de gueule" devrait d’ailleurs plutôt être : "Moins cher maintenant... alors que vous l’avez acheté au prix fort".
En d’autres termes, si, comme des centaines de milliers d’autres bonnes poires, vous avez contribué au succès du groupe Louise Attaque en achetant ses deux albums 19 euros, sachez que les indécrottables auditeurs de Nostalgie qui ont fini par en entendre parler peuvent désormais l’acheter pour 9 euros au Carrefour le plus proche ! Méconnaissance des ressorts psychologiques des acheteurs ou exploitation maximale de "produits" amortis ? C’est marrant, mais j’ai encore ma petite idée...

Le seul problème, c’est que de petite idée en petite idée, je n’ai pas de solution pour autant. À moins que définitivement je ne finisse, comme tant d’autres, par ne plus avoir de scrupules excessifs quant aux solutions de substitutions pour échapper à cette forme de racket commercial : graveurs de CD et fichiers MP3, me voilà !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2003
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