PRESIDENTIELLES
2002 30 % D'EXTREMISTES
ET AUTANT DE COMPLICES Billet d'humeur du 23 avril 2002
Les
résultats du premier tour de lélection présidentielle
sont tombés, dimanche soir, comme un immense coup de tonnerre.
Cette fois, le calcul est simple : 30 % de vote extrémiste
+ 30 % dabstention = 100 % de perdants ! A vouloir jouer avec
le feu, les Français ont joué aux cons
Trois constats simposent après ce cataclysme politique.
1 - RIEN ne peut justifier (encore moins excuser) le vote Le Pen ou
le vote Mégret. RIEN ne peut justifier que 20 % des français
donnent leur suffrage, leur caution aux prosélytes du racisme
et de la haine, aux apologues de la bêtise humaine, à
ceux qui, depuis 30 ans, cultivent et encouragent ce quil y
a de plus étriqué, de plus mesquin chez lhomme.
Pour voter Le Pen ou Mégret, il faut non seulement être
bête, mais il faut aussi être méchant. Pas au second
degré comme le journal satirique du mardi, mais au premier
degré, sans recul, sans excuse. Cest pas la définition
de la connerie, ça ?
2 - Et tous ces votes qui se sont portés sur la si méritante
Arlette et le si sympathique Olivier ? Les Français sont-ils
tombés si bas, ont-ils été si efficacement lobotomisés
par les Big Dil, Star Academy et autre Loft Story, quils votent
dans lisoloir comme devant la télévision, qui
pour la plus touchante (Ah, les larmes dArlette ), qui
pour le plus mignon (Oh, le petit « uc » du facteur )
? Mais combien des 10 % dinconscients qui ont voté pour
ces deux-là, ont-ils lu leurs programmes dapprentis dictateurs
ou, au minimum, leur profession de foi ?
3 - Enfin, je men voudrais de ne pas montrer du doigt les 30
% de complices objectifs de cet immense gâchis pour la démocratie,
je veux parler des abstentionnistes. Les vacances scolaires, la certitude
dun résultat couru davance ? Non, la raison est
ailleurs : paresse, incivisme, inconscience. Peut-être faudra-t-il
en arriver à instituer lobligation de voter, comme dans
dautres pays européens, avec, en corollaire, une véritable
comptabilisation du vote blanc qui est, pour sa part, une véritable
expression dopinion. Les Guignols nous avaient prévenus
: "Ne pas voter peut provoquer un Président grave".
Bien vu les gars !
Aujourdhui, il ne sagit plus de se définir comme
de gauche ou de droite mais comme démocrate ou fasciste. Pardon
demployer les grands mots, mais lheure nest plus
forcément à lanalyse ou à la compréhension,
elle est à laction. Alors, le 5 mai, votez. Et votez
aux législatives à suivre. Chaque voix qui ne va pas
aux candidats démocrates et républicains va, implicitement,
aux extrémistes. Nos parents, nos grands-parents se sont battus
pour nous léguer une démocratie, pour que nous soyons
libres. Battons-nous pour nos enfants. Votons.