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     BiLLeTS d'HuMeuR
 
LE PUERIL CORSE
Billet d'humeur du 5 octobre 2004
Si la Corse est la plus belle île du monde (ou peu s'en faut), ses habitants ont développé quelques coutumes fort étranges du point de vue du touriste de passage…


Vous savez ce que l'on dit de la Corse ? Que ce serait le plus beau pays du monde si les corses n'y vivaient pas. Vaste connerie, naturellement. Les Corses sont au contraire des gens certes ombrageux, mais fort amicaux et accueillants.

Ils ont pourtant développé quelques coutumes toujours très vivaces, aussi intéressantes à observer qu'elles sont difficiles à analyser, et qui ne manquent pas d'interpeller le touriste de passage sur l'île de Beauté.

La première d'entre elles, immédiatement visible lorsque l'on fait ses premiers pas en Corse, consiste à s'attaquer, à grand renfort de peinture blanche, aux panneaux indicateurs plantés au bord des routes. Dans un grand élan de reconnaissance du particularisme insulaire, les pouvoirs publics ont, en effet, pris la peine de "double afficher" tous les noms de villes, villages et hameau : leurs appellations en français et en corse y cohabitent donc en caractères de taille identique, pour la plus grande joie des anciens qui continuent sans doute entre eux à utiliser le patois local… et la plus grande perplexité des visiteurs qui doivent s'y reprendre à deux fois avant d'acquérir la certitude absolue que leur carte routière ne les a pas induits en erreur. Ou plutôt qui DEVAIENT y regarder à deux fois puisque de bonnes âmes sans doute particulièrement désœuvrées ont cru bon de passer en revue l'intégralité de ces panneaux pour en effacer les indications en français ! Vous avez dit puéril ?

Il y pourtant plus fort ! Malgré leur mutilation "à l'arme blanche", ces pauvres panneaux doivent encore véhiculer une trop forte charge émotionnelle, voire revêtir un caractère outrageusement provocateur puisque nombre d'entre eux ont également eu les honneurs d'une volée de chevrotines bien placée. Oui oui, vous avez bien lu : des individus, adultes vraisemblablement, ont cru devoir tirer au fusil de chasse sur des panneaux de signalisation routière porteurs de discours aussi anticorses que "Ajaccio 25 km" ou "Porto-Vecchio 12 km" ! Vous avez dit crétin ?

Il y a malheureusement plus grave. Non plus au bord, mais sur les routes. Je veux bien sûr parler de la propension des Corses au volant à doubler à tout prix le véhicule qui les précède. Jeu imbécile et dangereux très largement pratiqué par des conducteurs (et conductrices) qui semblent mettre leur fierté dans un comportement qui fait abstraction de tout respect humain élémentaire. Quelle que soit la visibilité (ou plutôt l'absence de visibilité), le nombre de véhicules qui précèdent, l'éloignement du véhicule qui vient en face ou la distance qui lui reste à parcourir avant d'arriver à destination, le Corse double. Quitte à obliger les autres conducteurs à lui faire de la place lorsqu'il se rabat en catastrophe, quitte à passer son temps à accélérer et freiner convulsivement avant pendant et après chaque virage (et ils sont nombreux), quitte à provoquer des accidents comme s'il en pleuvait pour la plus grande activité des services chirurgicaux et de rééducation des polytraumatisés de Bastia et Ajaccio. Vous avez dit criminel ?

Vous l'aurez noté, tous ces "particularismes" insulaires sont étroitement liés à la route, donc à l'automobile. Ce qui nous amène logiquement à penser que, finalement, les Corses ne sont pas si différents des continentaux dans leur approche velléitaire de l'Etat oppresseur…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2004
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